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De façon universelle, tout organisme vivant a besoin
de matière pour assurer sa croissance, sa reproduction et sa survie, puisque cest
de cette matière quil tire lénergie
nécessaire à son activité. La bio-énergétique, qui permet quantifier
les échanges et les transformations dénergie et de matière
entre un être vivant et son environnement, repose sur une connaissance
des réponses physiologiques des organismes dans leur
environnement (i.e. écophysiologie)
et fait appel à la modélisation comme méthode dintégration
de ces connaissances dans un schéma (mathématique) unique du
fonctionnement de lorganisme.
Une approche
simple de lutilisation de lénergie chez les organismes
aquatiques consiste à faire le bilan entre gains sous forme de
nourriture consommée et absorbée, et pertes de matière et dénergie
sous forme dexcrétion, de respiration, et de locomotion. Cette
approche est utilisée dans les modèles bio-énergétiques de type
« scope for growth » (SFG, e.g. [3, 4, 5, 6]).
Une approche plus intégrée
et générique de la gestion de lénergie chez les organismes est
proposée au travers de la théorie
des budgets dénergie dynamiques (DEB,
Kooijman 2000 [7]). Cette
théorie a pour objectif danalyser de façon quantitative, et à
partir dun ensemble de constats physiologiques, les effets de
lenvironnement sur les grandes fonctions physiologiques des
organismes vivants (nutrition, digestion, croissance, reproduction,
maintenance et vieillissement), à différents stades de leur développement
(embryon, juvénile et adulte). Les fonctions physiologiques sont
traduites en équations différentielles et sur la base de 11 paramètres
seulement. Quelle que soit lespèce considérée (e.g.
bactéries, invertébrés ou vertébrés), cette approche consiste à séparer
lutilisation et la répartition de lénergie en
grandes fonctions : croissance, développement, reproduction et
maintenance. Dans la théorie DEB, lénergie entre dans lorganisme
sous forme de nourriture qui est absorbée, en fonction de la température,
à une vitesse proportionnelle à la surface de lorganisme (Fig. 1).
Cette énergie est dirigée dans un compartiment de réserves
pour être utilisée, en fonction dun taux catabolique, pour la maintenance,
la croissance, le développement et la reproduction
(Fig. 1). La perte dénergie due à la maintenance est
proportionnelle au volume des organismes. La théorie DEB pose
lexistence dune loi de fractionnement de lénergie,
selon laquelle lénergie intégrée est répartie entre différents
compartiments : une fraction de lénergie est allouée à la
croissance des tissus structurels et à la maintenance des fonctions
vitales, alors que la fraction restante est consacrée à la
reproduction [7].
Figure 1. Schéma
conceptuel des échanges énergétiques qui régissent les grandes
fonctions physiologiques de croissance, de reproduction et de survie
chez les organismes vivants (d'après
Kooijman, 2000)
Il
existe également une autre théorie dutilisation de lénergie en
écologie (Metabolic Theory of Ecology, MTE),
proposée par Brown et al. (e.g. [8]). Cette théorie diffère
entre autres de la théorie DEB dans la modélisation des coûts énergétiques
de maintenance (e.g. [9]). |