• Généralités

Le réseau " Qualité des eaux des estuaires bretons ", dont la Direction Régionale de l'Environnement (DIREN) de Bretagne est maître d'ouvrage, fonctionne depuis 1999 en partenariat avec les départements et est géré en collaboration avec les Cellules Qualité des Eaux Littorales (CQEL) service des Directions Départementales de l'Equipement (DDE). Le principal objectif de ce réseau est d'apporter des informations sur la qualité patrimoniale des eaux estuariennes.
Dans le département du Finistère , ce réseau comprend 65 points situés en estuaire et 32 points localisés en eau douce. Sur le bassin versant du Bélon, il comprend 3 points de prélèvement en estuaire et 3 points en eau douce (carte 1 ).

 

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  • Paramètres

 Sur ces échantillons, les paramètres analysés sont déclinés ci-dessous :  

Paramètres mesurés in situ

Salinité (%O)
Conductivité (
mS)
Température de l’eau (°C)
Oxygène dissous (mg/litre)
Oxygène dissous (% de saturation)
pH

Paramètres mesurés au laboratoire

Ammonium (NH4)                         mg/l
Nitrate (NO3)                                 mg/l
Nitritre (NO2)                                 mg/l
Phosphate (PO4)                           mg/l
Silicate (SO3)                                 mg/l
Matières en suspension                 mg/l
Chlorophylle a & phéopigments        mg/l
Escherichia coli                   npp/100 ml
Entérocoques                      npp/100 ml

            Les eaux douces seront évaluées selon le système d'évaluation de la qualité des cours d'eau regroupant les paramètres de même nature ou d'effet similaire (voir réglementation SEQ-Eau).


            Pour les eaux estuariennes, en l'absence de référentiel " eau littorale ", l'interprétation des données a porté sur les paramètres oxygène dissous, ammonium et Escherichia coli. Concernant les 2 premiers paramètres, la grille utilisée a été formalisée par C. Beaupoil (Muséum National d'Histoire Naturelle) en intégrant une zonation haline en 5 domaines (figure 1) à l'intérieur desquels sont regroupés les résultats non en fonction du point de prélèvement mais de la valeur de la salinité mesurée lors du prélèvement.

Marée

Milieu

Domaine

Salinité (g/l)

Marée dynamique

Eau douce

Limnique

<0.5

Marée saline

Zone de mélange des eaux

oligohalin

0.5 à <5

mésohalin

5 à < 18

polyhalin

18 à < 30

Milieu marin

halin

³ 30

Figure 1 : Grille de classification des eaux estuariennes en fonction de la salinité.

 

  • Oxygène dissous

L'oxygène dissous est exprimé en mg/l et en pourcentage de saturation. La quantité dissoute permet de savoir si la vie ou la survie des espèces est ou non menacée. Le pourcentage met en évidence les déséquilibres observés aussi bien par sursaturation que par déficit.

L'appréciation de la qualité se fait essentiellement sur les valeurs absolues exprimées en mg/l (figure 2). toutefois les valeurs > 5 mg/l nécessitent d'être déclassées en 2 dès que le pourcentage de saturation s'écarte de l'intervalle 80 - 120% qui correspond aux variations nycthémérales normales. Une valeur > à 120% indique une sursaturation liée à une activité photosynthétique importante (signe potentiel d'eutrophisation). Une valeur < 80% traduit quant à elle une pollution organique pouvant avoir des répercussions importantes sur la faune marine.

Classe

02 mg/l

Couleur

1

5

 

2a (> 120%)

5

 

2b (<80%)

5

 

3

3 - < 5

 

4

2 - < 3

 

HC

< 2

 

Figure 2 : Grille de classement eaux marines selon les teneurs en oxygène dissous 

 

  • Ammoniaque

L'azote ammoniacal peut être présent sous deux formes dans l'eau, l'ammoniac (NH3) et l'ammonium (NH4+) dont les proportions relatives dépendent du pH, de la température et de la salinité. Lorsque le pH est compris entre 6.5 et 8.5 la plus grande partie de l'azote ammoniacal se trouve sous sa forme ionisée. Cette forme est moins toxique. Par contre, la même quantité d'azote ammoniacal à des pH élevés peut être dangereuse pour la vie des animaux aquatiques, l'ammoniac non ionisé étant très toxique.

L'appréciation se fait selon une double échelle de lecture, d'une part, sur les concentrations en ammoniaque non ionisé (N-NH3), calculées selon la formule de Johansson et Wedborg à partir des valeurs de pH, de température, de salinité mesurées in situ et de la concentration en azote ammoniacal total déterminée par l'analyse au laboratoire (N-NH3,4 = N-NH3 + N-NH4) et d'autre part à partir de cette dernière à cause de la toxicité potentielle qu'elle présenterait pour une eau à 20°C et ph=9.

N – NH3 in situ

(mg/l)

N – NH3,4 à pH=9

(mg/l)

Classe de qualité

<0.05

< 0.22

1

 

0.22 - < 0.44

2a

0.05 – < 0.1

 

2

 

0.44 - < 2.2

3a

0.1 - < 0.5

 

3

 

2.2

Hca

0.5

 

HC

Figure 3 : Grille de classement des eaux marines selon les teneurs en ammoniaque

 

  • Bactériologie

La classification des Escherichia coli et des entérocoques est réalisée pour se rapprocher de celle élaborée pour les coquillages. Le seuil de la classe 1 a été fixé à 15 pour tenir compte du seuil de détection de la méthode utilisée (figure 4).

Germes indicateurs

Classe 1

Classe 2

Classe 3

Classe 4

Classe 5

Escherichia coli/100 ml

£ 15

£ 80

£ 1500

£ 15000

> 15000

Entérocoques/100 ml

£ 15

£ 50

£ 800

£ 7500

> 7500

Figure 4 : Grille de classement des eaux marines selon la concentration en germes indicateurs de contamination fécale.

 

  • Résultats 1999 - 2001
  • Oxygène dissous

Les données obtenues (figures 5 à 8) permettent d'observer une très bonne oxygénation en hiver (qualité 1 pour 100 % des mesures). En été, des sous-saturations affectent les domaines polyhalin (14% des mesures en 2b) et halin (5% des mesures).

  • Ammoniaque

Les concentrations en NNH3 restent inférieures à 0.05 mg/l, ce qui dénote une absence d'effets toxiques de l'ammoniaque tant en hiver qu'en été. La majorité des mesures relève de la classe 1, seul un léger déclassement en 2a pour une mesure dans le domaine polyhalin en hiver a été observé en raison d'une forte concentration en NH4 (figures 9 à 12)..

 

  • Bactériologie

Qualité médiocre du domaine mésohalin en hiver (classe 3 pour 71% des mesures). Qualité moyenne des domaines polyhalin et halin dans lesquels la majorité des analyses relève de la classe 1 et 2 (71 à 100%). D'une manière générale tant en eau douce qu'en eau marine on note une dégradation de la qualité des eaux en période estivale (figures 13 à 16). 

 

 

  • Bibliographie

Anonyme - 2002
Qualité des eaux des estuaires bretons, présentation et analyse des résultats des campagnes de 1999 à 2001.
DIREN Breatagne - 221 p.

 

  • Sites web

http://www.bretagne-environnement.org

      Outils

 

      Mise à jour
20/12/2006
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