Les coquillages, comme les autres denrées alimentaires, peuvent être à
l'origine de Toxi-Infections Alimentaires (TIA) liées à la présence de
micro-organismes pathogènes (bactéries, virus,...) dans leurs tissus. Pour
limiter ces risques, les contrôles sanitaires des coquillages ont vu le jour en
France dès le début du XXème siècle. Par la suite, les directives
européennes de 1979 (79/923/CEE) et de 1991 (91/492/CEE) puis récemment le
règlement n° CE/854/2004 relatifs à la production et à la mise en marché
des coquillages vivants ont édicté, au sein de la communauté européenne, une
réglementation sur le classement et la surveillance ultérieure des zones
conchylicoles de production, ceci pour satisfaire aux exigences de santé
publique d'une part et de libre concurrence d'autre part.
Créé en 1989 puis revisé en 1997, le réseau de surveillance
microbiologique est géré à l'échelle nationale par l'Institut Français de
Recherche pour l'Exploitation de la Mer (IFREMER) qui sur l'estuaire du Bélon a
identifié 2 points de surveillance pérenne de la qualité de la zone, Sainte
Thumette en amont et Port Bélon en aval (carte 1).
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Ce classement se fonde sur :
1 - Un suivi bactériologique des coquillages et la quantification des
Escherichia coli en particulier, bactéries présentes naturellement dans
l'intestin de l'homme et des animaux à sang chaud. Communément appelés germes
tests de contamination fécale, leur présence en abondance dans le milieu
aquatique fluvial ou marin traduit naturellement une contamination d'origine
fécale ainsi qu'une suspicion potentielle de germes pathogènes (salmonelles,
entérovirus,
).
2 - Un suivi chimique des coquillages et notamment l'évaluation des teneurs en
Plomb, Cadmium et Mercure, éléments traces particulièrement toxiques.
L'évolution des données bactériologiques des huîtres du Bélon met en
évidence un niveau de contamination plus élevé à Ste Thumette (figure 1)
qu'à Port Bélon (figure 2). Cette dualité amont - aval des zones
conchylicoles finistériennes est une constante, due aux apports induits par les
bassins versants d'une part et aux phénomènes physico-chimiques dans
l'environnement marin ( dilution, sédimentation, mortalité,...) d'autre part.
L'analyse de 4 séries successives de 26 résultats, répartis en classe de
contamination fécale, laisse apparaître une tendance à la dégradation de la
qualité de la zone tant sur le point de Ste Thumette (figure 1) que sur celui
de Port Bélon (figure 2). La qualité sanitaire de cette zone, sans être
préoccupante, présente des perturbations conjoncturelles qu'il convient de
circonscrire afin d'assurer la pérennité de l'activité conchylicole.

L'estuaire du Bélon a été classé en zone de salubrité B par les
arrêtés préfectoraux des 20/02/1997 et 25/05/2000 ce qui impose aux
conchyliculteurs d'épurer les coquillages issus de la zone, préalablement à
toute commercialisation, ceci afin de limiter les risques de toxi-infections
alimentaires. Par ailleurs, des pics de contamination fécale ont été mis en
évidence ces dernières années et entraînés des interdictions temporaires de
commercialisation, préjudiciables à l'image de marque de ce site de production
emblématique et en définitive à l'économie locale.
A l'instar du monde microbien où l'on peut distinguer les microorganismes
utiles de ceux pathogènes pour l'homme, il est possible de dissocier parmi les
métaux, ceux qui sont indispensables à la vie (fer, cuivre,
) de ceux qui
sont essentiellement des éléments toxiques parmi lesquels figurent le Plomb,
le Cadmium et le Mercure. La toxicité de ces éléments a conduit les
autorités à édicter des réglementations dans tous les domaines (air, eau,
alimentation,
). Le recensement des données relatives au Plomb (figure 3), au
Cadmium (figure 4) et au Mercure (figure 5) dans les huîtres du Bélon souligne
des niveaux de pollution bien inférieurs aux seuils d'interdiction de leur
commercialisation. Ce constat s'explique aisément par l'absence d'industries
minières et d'industries lourdes (sidérurgie, métallurgie) dans notre
région, largement responsable de l 'augmentation de ces éléments dans les
différents compartiments de l'environnement. Aujourd'hui, une attention toute
particulière sera portée aux usines d'incinérations d'ordures ménagères qui
peuvent être considérées comme des sources non négligeables de pollution par
ces éléments traces (Miguel 2001).
Classée en salubrité B par la réglementation, la zone conchylicole
du Bélon a fait l'objet en 2002 et 2003 de plusieurs arrêtés préfectoraux
interdisant temporairement tout ramassage et toute commercialisation de
coquillages issus des gisements naturels et des concessions, constat qui a
conduit l'IFREMER, sollicité par la profession et les élus locaux, a intégrer
le projet européen Cycleau.