Document rédigé par la société IDRA Environnement
OPERATION DE DESENSABLEMENT DE LESTUAIRE DU BELON
Contexte de lopération
En vue de préparer les opérations de dragage qui aboutiront à lexcavation
dun peu moins de 200 000 m3 de sédiments de lestuaire du Belon, une campagne
dessai a été lancée dans la partie aval de cet aber. Cet essai concerne le
dragage dun peu plus de 13 000 m3 de sédiments sableux, ces produits sont
extraits mécaniquement, puis stockés sur une zone de dépôt temporaire avant
dêtre repris et épandus sur des parcelles agricoles par leurs exploitants.
Le Dragage
Après concertation avec les différentes sociétés ayant réalisé les études et
les bathymétries sur lestuaire du Belon, la COCOPAQ a décidé de réaliser
lextraction denviron 13 500 m3 de sédiments. Pour réaliser ce projet, le
chenal actuel dans la partie aval au port du Belon va être élargi à 50 mètres
avec une côte de -0,90 cm côte marine et une pente de 5 pour 1 aux abords de la
passe.
Des cubatures ont été réalisées et ont mises en évidence que pour répondre
aux critères précédemment définis, 3 zones devront être draguées en aval du port
du Belon (carte 1) :
- La première située le plus en aval représente la majorité des sédiments
qui devront être excavés, soit 10 700 m3 ;
- La seconde zone plus réduite totalise 2 800 m3 de sables ;
- La dernière zone située plus en amont nest constituée que de 40 m3 de
sédiments.

Les travaux de dragage ont débuté le 8 novembre 2005, et se sont achevés le 7
avril 2006. Les photos ci-dessous présentent le matériel associé au dragage des
sédiments dans lestuaire du Belon (cliquez sur les photos pour les agrandir).
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Le Pousseur |

Le ponton et la pelle d'extraction |
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La barge de transfert |
Au vu les contraintes liées aux phénomènes de marée, le dragage ne peut pas
être réalisé en continu sur la journée. Ceci est lié au faible tirant deau
présent au niveau de la zone de déchargement des barges, ainsi à marée basse,
les barges accostées au niveau du quai de déchargement séchouent sur les fonds.
En temps normal, il est tout de même possible de travailler environ 5 heures par
marée, soit 10 heures par jour. De même, les jours où les coefficients de marée
sont insuffisants, le chantier ne peut être opérationnel du fait du trop fort
tirant deau des barges (1,50 mètres une fois chargées). Ainsi lorsque les
coefficients de marée sont inférieurs à 55, les opérations de dragage ne sont
pas possibles.
Le chantier mobilise 7 personnes en permanence, 5 personnes chargées de
lextraction et 2 personnes qui conduisent les camions du quai de déchargement
vers la zone de dépôt temporaire. 2 barges sont utilisées , lorsque la première
est déchargée de son contenu au niveau de la zone de déchargement, la seconde
est remplit au niveau du site de dragage. Concernant les rendements,
lextraction aboutit à la récupération denviron 150 m3 de sédiments par marée.

Zone de déchargement (port Belon)
Il ne semble, a priori, pas y avoir de contraintes techniques particulières
gênant le déroulement des opérations de dragage. Ces travaux auraient cependant
pu être plus rapidement terminés si lactivité du chantier ne devait pas être
interrompue la nuit et les week-end. Cest la présence de riverains au niveau de
la zone de déchargement des barges qui ne permet pas la mise en place de travaux
7 jours sur 7.
Le stockage temporaire
Une fois extraits et repris au niveau du quai de déchargement, les sédiments
sont chargés dans des camions qui les dépotent au niveau dun site de stockage
temporaire (photos ci-dessous). La superficie de ce terrain communal est
denviron 3 000 m2 il est relativement isolé des habitations et sa taille est
suffisamment importante pour permettre le stockage des sédiments et les
manuvres des engins de chantier.
Le terrain a été décapé de manière à accueillir les sédiments, la terre a été
réutilisée pour créer des merlons sur lensemble du périmètre du site. De
manière à récupérer les eaux de décantation une tranchée a été creusée dans la
partie la plus basse du terrain. Les eaux sont ensuite entraînées au niveau dun
bassin de décantation permettant dabattre la concentration des matières en
suspension.
Le transport des sédiments est sous traité par la chambre dagriculture à une
entreprise spécialisée. Deux camions assurent le transfert des produits dragués
du quai de déchargement vers la zone de stockage temporaire. Les sédiments
peuvent ensuite être repris gratuitement par lensemble des agriculteurs
disposant de terres sur le bassin versant du Belon.
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Aire de stockage des sédiments |

Enlèvement par les agriculteurs |
La valorisation des sédiments
Organisation de la récupération des sédiments
Sur la centaine dagriculteurs présents au niveau du bassin versant du Belon, 73
dentre eux participent à ce programme de revalorisation des sables issus du
dragage. La cartographie des terrains épandables a été réalisée lors de
plusieurs réunions en demandant aux exploitants agricoles de localiser les
terres susceptibles de recevoir ce genre damendement.
La surface globale mise à disposition par les exploitants représente 4 130 Ha
de Surface Agricole Utile pour un besoin de terre estimé à 3 600 ha sur 3 ans.
Par conséquent, pour répondre à lensemble des demandes un plafond de 70 Ha de
terres épandables par exploitation a été instauré :
- lestimation de 3 600 Ha résulte des besoins dentretien du pH des sols. En
effet, avec un sable chargé à 30% de CaCO3, les besoins dentretien par hectare
sont de 5 tonnes. En conséquence avec 12 000 m3 de sable extrait à une densité
de 1,5 T sur 3 ans équivaux à 18 000 T. Ramené à un besoin de 5 tonnes par
hectare, cela représente 3 600 ha ;
- Le pH est une échelle de mesure qui permet de contrôler lacidité du Sol.
Les terres Bretonnes de nature acide ont régulièrement besoin damendement
basique pour satisfaire au mieux aux exigences des cultures, à la vie
microbienne, etc. Le sable marin est un amendement basique grâce aux coquilles
calcaires quil contient (Tangue) et permet ainsi de redresser le pH des sols.
Lextraction des sables étant établie sur trois périodes distinctes, un
programme de reprise a été adopté de façon arbitraire pour des facilités de
gestion et répondre rapidement aux attentes des agriculteurs (photos
ci-dessus).
Lors de la première extraction, les agriculteurs des communes de Bannalec,
Mellac, Riec sur Belon seront desservis dans la totalité de leurs droits sauf
pour les exploitants ayant des surfaces supérieures à 60 Ha qui seront limités
entre 150 et 175 Tonnes.
Lors de la deuxième extraction, les agriculteurs de Baye, Clohars Carnoët, le
Trévoux, Quimperlé,
bénéficieront des sables aux mêmes conditions que lors de
la 1ère extraction. La troisième extraction viendra compléter les demandes des
agriculteurs disposant de surfaces comprises entre 60 et 70 Ha à lintérieur du
Bassin versant du Belon.
La chambre dagriculture assure le chargement des sédiments dans les bennes
des agriculteurs, ceux-ci soccupent ensuite de transporter les produits
jusquaux parcelles agricoles avant de les épandre
Evaluation de lopération
Les premiers volumes qui ont été récupérés par les agriculteurs ont, jusquà
maintenant, donné entière satisfaction. En effet, les produits sont propres et
il est rare dy trouver de macro-déchets. Par ailleurs, même lorsque les sables
sont utilisés en flux tendu, le transfert des sédiments impliquant de passer par
plusieurs étapes aboutit à leur égouttage. Ainsi les sédiments présents au
niveau du site de stockage ne contiennent que très peu deau.
Compte tenu de la qualité des sédiments, ceux-ci sont utilisés pour amender
tout types de sol. Le régalage des sables dorigine marine concerne aussi bien
les prairies, que les parcelles céréalières ou légumières.
Conclusion
Le chantier qui a été mis en place à titre dessai au niveau de lestuaire du
Belon semble fonctionner correctement dans son ensemble. Les travaux de dragage
nont jusquà maintenant pas rencontré de problèmes techniques majeurs. Le
transport des sédiments jusqu'à la zone de stockage temporaire se déroule dans
de bonnes conditions grâce à la signalisation et aux modifications (circulation
alternée) qui ont été mises en place au niveau des voies de circulation.
La reprise des sédiments par les agriculteurs donne entière satisfaction
jusquà maintenant. Lexcellente qualité des matériaux extraits associée à la
quasi-absence de macro déchet explique en grande partie le contentement des
exploitants agricoles.
Malgré tout, des difficultés pourraient être rencontrées au niveau de la zone
de dragage située le plus en aval si les conditions météorologiques viennent à
se dégrader au cours des mois dhiver. Le chantier pourrait ainsi être arrêté en
cas de mauvais temps. Déventuels replis des unités de dragages pourraient même
être envisagés si les conditions savèrent particulièrement mauvaises.