La Recherche (N° 327 –Janvier 2000)

Gilles Lericolais est géologue au laboratoire de Géosciences marine à L’IFREMER

En mai 1998, vous avez dirigé une campagne océanographique franco-roumaine en Mer Noire : sondeurs multi-faisceaux, capteurs sismiques ont scruté les fonds marins, de nouvelles carottes ont été prélevées. Ces données confirment-elles le scénario de W. Ryan et W. Pitman ?

" Pour l’instant, les premiers résultats semblent leur donner raison. Premièrement, l’analyse des 38 carottes prélevées entre 2200 et 15 mètres de profondeur au dessous du niveau de la mer confirme une arrivée massive et soudaine d’eau salée vers -7100 ans BP. Soudaine, pour nous, signifie en quelque 600 ans, le laps de temps qui sépare les dernières coquilles d’eau douce, vieilles de 7500 ans des premières mollusques de mer, âgées elles de quelque 6900 ans.

Ensuite, grâce à la combinaison d’images sismiques de très bonne qualité et de sondages multi-faisceaux - dont ne disposait pas l’équipe russo-américaine - nous avons obtenu une image très précise et en trois dimensions des fonds sous-marins. Nous cherchions à savoir si des traces de rivages anciens existaient ou non. En effet, quand la mer monte progressivement, elle marque le littoral de traces successives : si on ne les retrouve pas, cela va dans le sens d’une gigantesque inondation. Bill Ryan était à bord quand nous avons eu les premières images nous avons d’abord cru déceler ces fameux paléorivages, mais il s’agit en fait de zones érodées, peut-être des dunes héritées de la période aride d’il y a 8200.

Tout a donc l’air de concorder, tout …sauf la présence d’un ancien rivage vieux de 12 000 ans découvert par des chercheurs bulgares dans le delta du Danube et (expliquer un peu plus en quoi il va à l’encontre du scénario de Ryan ) qu’il nous reste à expliquer. "

 

 

 
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23/06/2008

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