Corfan

Le projet Corfan est un projet dont la naissance remonte à plusieurs années. En 1995, l’attention avait été attirée par un article décrivant la morphologie de la marge Est-Corse et qui montrait l’existence de petits systèmes turbiditiques emboîtés.

La mission Corstage 97, réalisée avec le N.O. Tethys 2 sur la marge Est-Corse en collaboration avec l’Université de Bretagne Occidentale, a permis de confirmer le potentiel de ces objets et de cette région. C’est sur la base de ces données, que le projet Corfan a été monté et a reçu un soutien financier de Total et de Elf.

Les données acquises en 1997 et 1998 ont été dépouillées à DRO/GM-Brest. Elles ont fait l’objet de présentations dans plusieurs congrès. Une étudiante a réalisé un mémoire de 3 ème puis un mémoire de 5ème année de l’IGAL sous la direction de l’Ifremer intitulé "Structure et Mode d’édification des éventails turbiditiques profonds du Fiume Orbo et du Tavignano (Marge Est-Corse)". Une mission de 15 jours, menée en octobre 1998 avec le N.O. L’Europe, et baptisée Corfan 1 a permis de réaliser un levé sismique détaillé de trois édifices détritiques choisis le long de la marge Est-Corse. Depuis, une thèse sur le système turbiditique du Golo est en cours. Elle devrait être soutenue en septembre 2002.

         

3D marge Est-Corse

 Figure 7 : Vue 3D de la marge Est-Corse au débouché du fleuve Golo (au large de Bastia) montrant les différentes vallées sous-marines et la forme en cuvette du bassin sous-marin à cause de la présence de la Ride Pianosa à l’est (Iles d’Elbe et de Pianosa).

La campagne Corfan 2, s’est réalisée du 29 mars au 5 avril 2001. Elle est venue compléter les données acquises avec le N/O L’Europe lors de Corfan 1. Si le bilan de la campagne est correct, les problèmes rencontrés avec le carottier ne nous ont pas permis de réaliser les travaux prévus sur le système de Tavignano au Sud. Par contre, la carte bathymétrique réalisée avec l’EM 300 au large du Golo (Fig. 7) est complète et précise (de - 75 m au fond du bassin). Elle met en évidence le réseau de canyons sur la pente, des failles actives NNW-SSE au pied de la Ride de Pianosa, des pockmarks alignés sur les accidents profonds, un grand glissement polyphasé sur le Ride de Pianosa. Le levé réalisé lors de Corfan 2 démontre tout le potentiel de ce sondeur dans cette gamme de profondeur d’eau. Enfin, le carottier d’interface développé par DRO/GM a donné de très bons résultats et son fonctionnement est aujourd’hui bien maîtrisé.

Mer Noire

Le programme BLASON engagé depuis 1996 en mer Noire est né de la collaboration initiée entre l'Ifremer et l'institut GeoEcoMar, équivalent roumain de notre organisme. Ce programme de recherche a pour objectif la reconnaissance des processus et enregistrements sédimentaires de la marge Nord Occidentale de la Mer Noire ; marge ayant drainé plusieurs grands fleuves d'Europe centrale (Danube, Dniepr, Dniestr). Il s'intéresse plus particulièrement aux variations récentes du niveau de la mer et à leur effet sur l'organisation des dépôts de corps sableux sur la plate-forme, la pente et l'éventail profond du Danube.

Ce programme d'étude a réellement débuté avec une première campagne de 30 jours réalisée sur la marge "roumaine" par le navire océanographique "Le Suroît" en 1998 (sismique très haute résolution, profils de sismique dite "rapide" avec une pénétration de une à deux secondes, 30 carottages Kullenberg et 8 vibrocarottages). Il se continue depuis en collaboration avec plusieurs équipes françaises et étrangères (CFR Gif sur Yvette, GeoEcoMar Roumanie, Bulgarie, Lamont DEO...).

La première mission BLASON a révélé, sur la plate-forme, les lits creusés par les fleuves roumains et ukrainiens durant les périodes de bas niveau. Une découverte importante concerne la mise en évidence d'une très profonde incision du Dniepr (plus de 800 m d'incision), scellée par plus de 200 m de sédiments Pléistocènes. Nous interprétons ce creusement comme le résultat d'une phase de très bas niveau de la Mer Noire durant le Pléistocène (âge à préciser en corrélant les lignes sismiques aux forages pétroliers disponibles). Le Danube présente plusieurs phases d'incision en séquences emboîtées : une incision contemporaine de celle révélée pour le Dniepr et une incision remontant jusqu'à la surface du fond marin et moins profonde.

Une surface de discontinuité majeure, située à une profondeur de 300 à 1000 ms sous le fond de la mer a été également reconnue. Elle est interprétée comme une surface d'érosion messinienne par corrélation avec les forages pétroliers disponibles, bien que la littérature ne fasse pas référence d'un bas niveau messinien en Mer Noire. Un levé détaillé (sonar et sismique) réalisé sur une zone de dunes hydrauliques sous-marines couplé aux analyses des carottages, a permis d'apporter des compléments de réponses quant à la dernière remontée marine envisagée il y a 7500 ans .

En pied de marge, la mission BLASON a mis en évidence un système très complexe de chenaux/levées méandriformes, dont la sismique HR révèle les différentes phases de mise en place. Au moins 8 lobes sont identifiables, la migration de chaque chenal étant marquée par un faciès sismique caractéristique (HAR- "High Amplitude Reflections"). Le chenal le plus récent (encore actif ?) résulte d'une avulsion vers l'Est du chenal principal issu du canyon Viteaz (Fig. 8). Les profils du plateau roumain et ukrainien présentent, vers le large, une bonne continuité des réflecteurs sismiques, assurant la corrélation entre phases d'érosion sur la plate-forme et périodes d'alimentation des fans profonds. Une cartographie EM 1000 du canyon Viteaz (débouché du Danube sur la pente continentale) avec la sismique basse fréquence et HR a été entreprise et révèle un chenal méandriforme (Fig. 8) inscrit à l'intérieur du canyon à l'image de ce qui a été observé au niveau du canyon de Cap Breton et du Zaïre.

En 2002, une nouvelle campagne BLASON 2 est programmée. L'objectif de cette campagne reste la reconstitution des variations du niveau relatif de la mer au Quaternaire sur la marge Nord Est de la Mer Noire en relation avec la variabilité des apports sédimentaires et liquides (en provenance des fleuves et de la Méditerranée), le glacio-eustatisme, le climat et la néotectonique. La période comprise entre le dernier maximum glaciaire du Weichselien (Stade isotopique 2 ou Neoeuxinien en Roumanie, environ 20 000 ans B.P.) et l'actuel sera considérée avec le plus d'attention. Pour cela, et au vu des premiers résultats de la campagne BLASON 98, Il est nécessaire d'étudier le système sédimentaire complet de la plate-forme à l'éventail profond du Danube.

L'approche méthodologique combine d'une part l'analyse séquentielle à haute résolution (stratigraphie sismique) et géomorphologique (bathymétrie multifaisceaux et imagerie acoustique) et, d'autre part, l'analyse des enregistrements sédimentaires sur carotte (mesures physiques, géochimie isotopique, téphro-chronologie, palynologie, micro-paléontologie...).

La première campagne était une campagne dite "exploratoire". Au vu des résultats obtenus et des questions qui restent à élucider, nous avons sélectionné des zones particulières où une reconnaissance approfondie est nécessaire. Par contre, du fait de nouvelles relations établies avec les scientifiques bulgares, une partie exploratoire sera entreprise au niveau des zones bulgares, jusqu'ici inconnues.

    Canyon Viteaz

         Figure 8 : Bathymétrie EM 1000 du Canyon Viteaz, ancien canyon du Danube

 

Chantier Golfe du Lion

L’acquisition et l’exploitation de données sur le chantier du Golfe du Lion se sont poursuivies en 2001 avec la campagne "GMO1" du Suroît (dans le cadre du projet européen "COSTA" sur les instabilités gravitaires), et des carottages Calypso avec le Marion Dufresne durant la campagne " Gramedoc ". La soutenance de thèse de Marina Rabineau a marqué la fin d’un important travail de modélisation géométrique et stratigraphique des séquences de dépôt du rebord de la plate-forme continentale, qui servira de base à l’implantation de forages proposés dans le cadre du projet PROMESS. Dans le cadre du GDR "Marges", l’IFREMER assure l’animation du chantier " Golfe du Lion " qui regroupe 12 partenaires français pour une étude "intégrée" (terre/mer, structure profonde/processus superficiels) de ce chantier exceptionnel. L’édition d’une carte en 4 coupures au 1/100 000 a été achevée en décembre. Ce travail, soutenu par la région Languedoc-Roussillon, est basé sur la synthèse des données existantes sur la plate-forme et le domaine profond, essentiellement les minutes de sonde du SHOM et les levés multifaisceaux de l’Ifremer.

 
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23/06/2008

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