N E P
Les Ministères de la Défense et de la Recherche ont décidé de construire
et dexploiter conjointement deux nouveaux navires en remplacement des BHO DEntrecasteaux
et lEspérance et du N/O Nadir. Le BHO Beautemps-Beaupré, en construction à
Lorient, sera armé par la Marine Nationale et mis en service en 2003. LIfremer
assure la responsabilité du second navire qui portera le nom de "Pourquoi
pas ?" en hommage au Dr J. Charcot.
Le projet de Navire dExploration Profonde, NEP, sorganise autour dun
Comité Directeur, dune Equipe de Projet et enfin dun Groupe de Suivi de
Projet (GSP), représentant les différents intervenants quils soient
utilisateurs, partenaires Marine ou scientifiques, opérateurs ou gestionnaires.
Les consultations diverses débutées en 2001, doivent aboutir au lancement
de lappel doffres pour le chantier en mai 2002, au choix en octobre, au
début de construction en janvier 2003 et à une livraison en fin 2004.
Le Groupe "ad hoc" du Comité Directeur a tout dabord travaillé sur les
caractéristiques générales, les missions et la position dans la flotte
française du NEP en analysant des scénarios prospectifs de campagnes à la mer
. Les résultats ont été validés par le Comité Directeur et présentés au
Comité Scientifique. Le Pourquoi pas ? est destiné à effectuer des
mesures en route ou des travaux sur chantier permettant aux utilisateurs détudier
les phénomènes scientifiques à léchelle globale et à léchelle du
processus.
Le Groupe de Suivi de Projet a défini les besoins des utilisateurs au cours
dun cycle de réunions pendant le 4ème trimestre . Elles ont
rassemblé près dune centaine de participants (17 de la DRO dont 8 de DRO/GM),
et se structuraient selon 5 axes thématiques : Equipements scientifiques,
Locaux scientifiques, Pont et mise en uvre des engins, Motorisation et
acoustiques, Vie à bord. Le " Pourquoi pas ? " sera un
navire tous océans hors hautes latitudes et disposera dune capacité dhébergement
de 40 scientifiques et techniciens embarqués. Des apparaux spécifiques
permettront la mise en uvre optimale au cours dune même mission de deux
grands outils océanographiques, ROV et sonar remorqué, Nautile et
pénétromètre Penfeld par exemple ou des vedettes hydrographiques du SHOM.
Les chercheurs bénéficieront dune importante surface de locaux
scientifiques et de laboratoires permettant dassurer le suivi des
opérations, lacquisition et le traitement des données ainsi que la
préparation et lanalyse des prélèvements.

Pénétromètre PENFELD
Développé sous la responsabilité de TMSI, le pénétromètre PENFELD
(Fig. 13) est un outil géotechnique capable denfoncer sur 30 mètres
une tige métallique enroulée sur un tambour, tige qui est redressée avant
fonçage et qui est ré-enroulée sur son tambour lors du retrait.
Mis en uvre à partir dun câble de dragage ou de carottage sur des
bateaux océanographiques de type Atalante, Penfeld est un système autonome qui
possède son énergie électrique par batteries rechargeables et permet deffectuer
jusquà 7 séquences de mesures qui sont programmées avant la mise à leau
de lengin. Un lien acoustique bidirectionnel permet à lopérateur de
suivre le déroulement des séquences et den modifier leur chronologie.
Nous avons assuré le développement et programmation de la Centrale dAcquisition
et de Mesures (CAM).
Bilan des travaux réalisés :
- La recette de la structure haute du pénétromètre
- Les essais terrestres du pont de cran du 23 au 27 avril
2001 ont démontré le fonctionnement de tout lensemble mécanique avec
la réalisation dune dizaine de pénétration jusquà 18,5 mètres,
- La campagne ESIMAP sur la Thalassa du 8 au 13 juin 2001 a
validé les systèmes de manutention à bord des navires Ifremer.
- Mise en peinture et remontage du pénétromètre.
- Mise au point de lautomatisation du fonctionnement du
pénétromètre avec la prise en compte des capteurs de servitude et des
sécurités.

Figure 13 : Pénétromètre PENFELD
en cours de montage à latelier
Pointe Multicapteurs
La pointe Multicapteurs est destinée à être montée en bout de la tige du
pénétromètre PENFELD. Elle mesure les paramètres géotechniques des
sédiments marins sur une profondeur de 30 mètres. Elle est issue des
technologies que nous avons développées pour les pointes du Module
Géotechnique avec une intégration très poussée des capteurs dans un volume
extrêmement réduit et une mesure de la pression différentielle interstitielle
induite avec une pression de ligne de 600 bars. La pointe est interfacée sur la
centrale dacquisition de PENFELD par une liaison numérique.
Elle mesure la valeur de leffort de pointe, de leffort latéral, de la
pression différentielle induite, de la gammadensité, de la température, et de
linclinaison.
Les caractéristiques dimensionnelles sont conformes au standard des pointes
géotechniques.
Célérité et conductivité in situ
- Pointe
célérimétrique
Développée en collaboration avec le SHOM et TMSI/AS, la pointe
célérimétrique, mise en uvre à partir du Module Géotechnique,
mesure in situ la vitesse du son dans le sédiment sur une profondeur de 2
mètres. Elle vient augmenter le parc doutils du Module Géotechnique
destinés à déterminer les caractéristiques géotechniques des
sédiments marins (Effort de pointe, Effort latéral, Pression
différentielle interstitielle induite, Gammadensité, Température,
Carotte).
Après létude de faisabilité réalisée en fin 1999, une
convention pour le développement dun système de mesure in situ des
propriétés acoustiques des sédiments est signée entre lIfremer et
le SHOM lequel sengage à financer le développement et la construction
de la pointe. Après quelques essais en laboratoire et en mer pour
déterminer les meilleurs paramètres, celle ci est confiée à la
société ORCA.
- Sonde de Mesure de Conductivité in
situ (Sonde CTH)
Le calcul du flux de chaleur dans les sédiments marins passe par la
connaissance de la conductivité thermique qui est mesurée à partir de
carottes ramenées à bord. La qualité de la mesure est en grande partie
fonction de la qualité de léchantillon ramené (remaniement). Pour
déterminer la conductivité thermique in situ nous avons fait létude
et lancé la réalisation dune Sonde de Mesure de Conductivité
Thermique In situ dérivée des sondes de Température THP. Un premier
prototype est commandé à la société MICREL. Il est utilisé lors des
missions ANTAUS et ZAÏROV en fin 2000 et début 2001. Le cahier des
charges de la version industrielle pour un fonctionnement en opération
océanographique est finalisé avec la société Micrel qui est prête à
en assurer la commercialisation.
Sondeur THR
Développé en collaboration avec TMSI/AS, le sondeur
THR (Très Haute Résolution), mise en uvre à partir
du Module Géotechnique, caractérise la réponse acoustique des sédiments
sur une profondeur de 2 mètres avec une définition de quelques centimètres.
Couplé avec la pointe célérimétrique, il permet également davoir un
profil vertical de la vitesse du son dans le sédiment.
Le Groupe instrumentation a entrepris le câblage
complet du Module Géotechnique pour intégrer les nouveaux outils et remettre
lancien câblage à jour ainsi que le logiciel de commande et dacquisition
de la pointe célérimétrique et du sondeur THR.

O B S
Les résultats de la dernière campagne HYDRATECH
pendant laquelle les OBS étaient utilisés, ont révélé la nécessité daméliorer
le couplage des géophones avec les sédiments marins. Nous avons étudié un
système de largage pour déposer un ensemble de géophones déportés 3
composants et modifié les électroniques pour améliorer les performances des
enregistrements. Cette dernière version sera utilisée lors de la mission
HYDRATECH2.
Le projet Mini-OBH
Lexpérience dIFREMER de ces dernières années
montre que les opérations de sismique réfraction et réflexion grand angle
demandant la mise en uvre dOBH (Ocean Bottom Hydrophone :
Hydrophone de fond de mer) pourraient être largement optimisées avec un
total de 50 à 70 instruments légers et lutilisation dun seul bateau.
Ces stations sont des équipements de mesure sismique déployés sur le fond
des océans ; elles sont utilisées pour préciser la géométrie des
structures des marges continentales, lors des campagnes scientifiques portant
sur létude des processus pouvant amener à la formation du pétrole en
eaux profondes.
Cependant, la multiplication des instruments
actuellement disponibles à lIfremer serait irréaliste, tant sur le plan
financier quopérationnel.
Cest pourquoi, en fin dannée 2001, DRO/GM a
proposé un projet visant à améliorer les coûts dacquisition et les
coûts de mise en uvre des stations sismiques sous-marines OBH/OBS (Ocean
Bottom Hydrophone/Ocean Bottom Seismometer)
de lIfremer dans le cadre du défi "MARGES".
Le concept Mini-OBH est basé sur un principe innovant
qui pourra peut être faire lobjet dun dépôt de brevet en 2002, ce
nouveau concept permet dobtenir : un coût de revient très faible, un
encombrement et un poids de l'appareil considérablement réduits, une
maintenance simplifiée de lappareil tout en maintenant le niveau de
performance.
Les avantages dun tel système sont nombreux à la
fois sur le plan financier et sur le plan opérationnel en permettant : doptimiser
les coûts et la logistique des campagnes en utilisant un seul bateau au lieu
des deux nécessaires jusquà présent (Nadir et Suroît), daméliorer
la résolution des modèles géologiques en utilisant un plus grand nombre dinstruments.
