Lopération fait partie dune étude sur la délimitation des populations de bar et sur la gestion des pêcheries de cette espèce. Les bars reviennentils se reproduire dans la même zone ? Y-a-til des échanges entre le golfe de Gascogne et la Manche ? Comment délimiter les stocks de bar pour la gestion? Pour apporter des réponses à ces questions, des marquages sont effectués au moment où les populations de bars sont le plus structurées cest à dire durant la période hivernale (reproduction). Les opérations à bord des bateaux sont menés par Océanic Développement, partenaire dIfremer sur ce programme. Cette note présente un état des travaux et des principaux résultats au 30 septembre 2003 avant la campagne hivernale 2003-2004 au cours de laquelle de nouveaux poissons seront marqués. Résultats scientifiques des marquages réalisés à partir des chalutiers pélagiques. Les principales statistiques, consignées dans le tableau 1, montrent que 1527 poissons ont été marqués en zone CIEM VII (Manche ouest principalement) et 3190 poissons en zone VIII. Leffort a été plus important vers la zone VIII du fait que lon disposait daucune information sur les déplacements de poissons sauf à travers les recaptures de quelques individus relâchés dans les zones côtières dOutre-Manche. Les nombres de recaptures signalées sont présentés en fonction du temps entre marquage et recapture dans le tableau 2.
Tableau 1 : Résultats de marquage par zone
Tableau 2 : nombre de recaptures en fonction du nombre de jours entre marquage et recapture (plus de 5 jours à la mer ; mise à jour à la date au 15/11/03). Lorsque lon examine toutes les recaptures ayant un temps de relâcher supérieur à cinq jours, on constate que, en Manche (zone VII), 9 animaux se sont déplacés vers lest. Un nombre moins important de poissons (6 individus ) se déplacent en direction de louest ou du nord-ouest. Un seul poisson, relâché en mer Celtique (VIIf), aurait été recapturé dans le golfe de Gascogne mais cette observation na pu être pleinement validée. Parmi les poissons sétant déplacés vers lest, lun deux a été recapturé à lentrée de la Mer du Nord (secteur IVc). On notera aussi quun poisson a été recapturé sur la côte nord du Finistère sur un relâcher assez sud à la limite des douze milles français. Enfin un autre a été recapturé à proximité de lîle anglo-normande de Sark.
Figure 1 : Déplacements dadultes à partir des marquages en zone VII (en rouge figurent la série annuelle 2002 et en noir la série 2003 à la date du 30/09/03). Dans le golfe de Gascogne, (zone VIII), douze poissons se sont déplacés vers une direction nord, huit vers le sud. Une différence sensible existe entre 2002 et 2003 dans les orientations des déplacements, différence qui pourrait être le fait dun effet zone du relâcher : les mouvements observés pour les poissons marqués en 2002 sont plutôt orientés vers le nord, alors que les bars marqués en 2003 se déplacent plutôt vers le sud. La différence entre zones de relâchés s'explique par le fait que les chalutiers pélagiques ont travaillé sur des zones plus nord en 2002 par rapport à 2003. Un effet année indépendamment de la zone nest cependant pas à exclure. Juste après la ponte, des bars adultes sont repêchés en zone très côtière et parfois dans les estuaires avec 3 recaptures signalées en Gironde.
Figure 2 : Déplacements dadultes à partir des marquages en zone VIII (en rouge figure la série annuelle 2002 et en noir la série 2003 à la date du 30/09/03). Au chapitre des recaptures surprenantes, il convient de signaler la recapture en 2003 près de Boulogne, en zone VIId, dun bar marqué quatre mois plus tôt en zone VIII (rectangle 21E7), soit à une distance de 480 milles. Comme on la dit précédemment un bar marqué en zone VIIf en 2002 a été signalé dans la zone VIII (entrée de lAdour) 36 jours seulement après son relâcher. La distance parcourue (environ 480 milles) en un mois est extrêmement élevée. Cette observation ne pourra être complètement validée que lorsque des informations suffisantes existeront sur les vitesses maximales de déplacement. Des marquages seront à nouveau réalisés en hiver 2004 à partir des chalutiers pélagiques. En Manche, les résultats montrent que les géniteurs qui se concentrent sur les zones accessibles aux chalutiers pélagiques atteignent rarement les côtes françaises de Bretagne nord. Les déplacements se font vers lest et vers le nord ce qui rend ces bars apparemment plus accessibles aux flottes anglaises (12 recaptures sur 15). Les résultats montrent aussi que des échanges existent entre le golfe et la Manche mais ils ne seraient que relativement minimes. Si la pêcherie de la Pointe de Bretagne ne dépend pas des frayères exploitées par le chalutage hauturier en Manche, elles pourraient dépendre partiellement de la zone du golfe de Gascogne. En effet une bonne part des géniteurs relâchés ont migré nord et certains ont atteint la côte du Sud-Finistère. Cependant, aucun bar marqué sur les zones de pêche des pélagiques na été recapturé sur la zone de la Pointe de Bretagne où existe une pêcherie importante exploitée par des ligneurs. Il reste donc à déterminer le fonctionnement des populations qui alimentent cette zone. Il nous paraît plus probable que la pêcherie du bar de ligne à la pointe de Bretagne soit plus dépendante du fonctionnement de frayères côtières qui pourraient se situer dans les parages de La Vieille, du Chenal du Four . Un marquage de géniteurs dans ce secteur na pas pour linstant pu être réalisé. Les ligneurs peuvent très difficilement servir dappui pour une telle opération étant donné le rapport coût/efficacité (coût des poissons + mobilisation dun opérateur, et efficacité en terme de nombre de poissons marqués). Une autre possibilité consisterait à opérer depuis les bolincheurs qui capturent parfois du bar en hiver. Mais ces captures sont trop opportunistes pour permettre une programmation dactivité de marquage. La solution la plus réaliste pourrait être le marquage par des pêcheurs sportifs, marquage qui à défaut dêtre hivernal pourrait être estival sur les côtes du Finistère. Mais dans ce cas, il faudrait sefforcer de cibler une gamme de taille suffisamment élevée pour permettre de garantir dun comportement dadulte. Une taille minimale de 50 cm pourrait, sur cet objectif, être convenable. Un grand nombre de bars ont été marqué lhiver dernier, et les recaptures à venir seront dune importance capitale et notamment celles du chalutage pélagique afin de pouvoir savoir si les bars adultes reviennent annuellement se reproduire sur les mêmes sites. Il est donc fait appel à la vigilance des pêcheurs pour détecter et signaler ces recaptures de bars marqués.
Il va de soi quil faut un nombre plus important de recaptures pour tirer des conclusions plus solides. Ifremer espère parvenir à total de 5 000 animaux marqués en Manche ouest et dans le Golfe de Gascogne. Des opérations seront à nouveau menées en hiver 2003-2004 par Océanic Développement.
Cette opération, menée grâce à des co-financements régionaux (Bretagne et Pays de Loire), apporte des éléments scientifiques intéressants. Chaque personne signalant la recapture dun bar marqué sera directement informée de la position et de la date du lâcher de ce poisson.
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