Description de
l’architecture des analyseurs CHEMINI
L’idée générale lors du développement de la gamme CHEMINI
a été de se diriger vers un appareil très intégré avec une base électronique et
hydraulique dont la maîtrise est assurée, ce qui permet d’envisager des
évolutions vers d’autres types de mesure assez simplement sans entraîner de
grandes modifications. Le but a également été de se servir au maximum d’éléments
disponibles sur étagère notamment en ce qui concerne l’hydraulique et
l’électronique, en prenant en compte les problèmes d’obsolescence et de coûts.
Le choix des éléments composant la nouvelle génération s’est fait suivant
plusieurs préceptes : fiabilité (simplicité de fonctionnement), performances
(qualité des mesures, sensibilité, reproductibilité…), miniaturisation
(dimensions, poids), consommation (énergétique et en réactifs), et coûts.
Les CHEMINI sont des analyseurs
mono-paramètres ce qui permet de les
assimiler à des capteurs. Cela offre plusieurs avantages avec notamment la
possibilité de travailler en simultané, l’indépendance d’une mesure sur l’autre
d’où un gain en fiabilité, l’utilisation possible de méthodes de détection
différentes (colorimétrie et fluorimétrie)
pour les différents paramètres mesurés. Les analyseurs peuvent être placés en
série sur le point de prélèvement avec contrôle simultané par le même logiciel.
Pour des raisons de simplification et de miniaturisation, le circuit hydraulique
est réalisé par usinage dans un matériau neutre chimiquement, le
PMMA. Ce circuit gravé est comparable au
bloc foré en hydraulique. Il permet d'intégrer directement les composants et de
limiter le nombre de flexibles. On réduit aussi le nombre de raccords et par la
même occasion le nombre de fuites possibles (fiabilité, ergonomie lors d'un
changement de paramètre). De plus ce circuit sert de support pour l'intégration
des éléments qui constituent l'analyseur.

Fig.1 Circuit gravé en
PMMA
Les actionneurs utilisés sont des pompes
péristaltiques miniatures et des micro-vannes
solénoïdes. Les pompes offrent l'avantage d'avoir des dimensions très réduites,
d'avoir un système d'appui sur les tubes très ingénieux (facilite le
remplacement des tubes et accroît leur durée de vie) et enfin de fonctionner
avec un moteur à courant continu beaucoup plus simple à gérer. On peut notamment
jouer aisément sur la vitesse et le sens de rotation de la pompe. Les vannes
sont à trois voies, fonctionnent sur le principe du "tout ou rien", sont
complètement inertes et offrent un volume mort quasi nul. Les dimensions
réduites de ces actionneurs permettent de séparer les fonctions en dupliquant le
nombre de pompes, ce qui permet d'optimiser les consommations en réactifs et
échantillons.
Les modules de détection colorimétrique et fluorimétrique
ont été développés en collaboration avec la société Micromodule. Le module
colorimétrique comporte une architecture compacte à 2 couches : Electronique et
Optique. Dans ce mode de fonctionnement dit « séquentiel », les sources
leds (une de mesure, l’autre de référence)
sont chacune associées à un filtre interférentiel. Elles fonctionnent
successivement, la détection se faisant sur un seul
photo-détecteur. Le photo-courant
issu du photo-détecteur de réception
est traité par un amplificateur de charge réalisant la transformation
courant-tension. La détection synchrone
s’effectue par une opération de multiplication entre cette tension et le signal
de l’oscillateur, suivie d’une intégration. Pour ajuster le niveau du signal de
sortie, il est possible d’agir sur le courant d’alimentation des
leds, la durée d’intégration et la capacité
utilisée pour la conversion courant-tension.
On dispose ainsi d’une très grande dynamique de mesure (plus de 14 décades). Le
module fluorimétrique est composé de
la même électronique que le module colorimétrique, seule la tête d’illumination
diffère. Elle se compose d’une LED
UV et d’un système de focalisation optique. Ce module d’émission remplace
avantageusement les sources flash à Xénon utilisées habituellement en
fluorimétrie qui consomment beaucoup plus
d’énergie, sont plus volumineuses et beaucoup plus chères pour une durée de vie
relativement limitée.
L’électronique du système complet est basé sur l’utilisation d’une carte
d’application développée par le service TSI/ME
de l’Ifremer avec pour cœur numérique la carte ATMEL
Atméga. Il s’agit d’une électronique
basse consommation qui anticipe les utilisations sur le long terme. En outre, la
nouvelle électronique permet d’intégrer les technologies
Bluetooth et Wi-Fi
ce qui donne accès à une communication sans fil avec l’analyseur. Les analyseurs
CHEMINI ont une capacité de stockage
en interne des données d’environ 700 spectres entiers à deux longueurs d’onde
(mesure et référence). En ce qui concerne le logiciel embarqué, les analyseurs
CHEMINI fonctionnent sous deux types
d’application :
• une application bas niveau à partir de laquelle l’utilisateur a accès à toutes
les actions élémentaires de l’analyseur que ce soit pour les opérations de
maintenance ou de mise au point en laboratoire ou sur site (pompes, vannes on et
off, réglage thermostat, réglage module LED,
acquisition avec visualisation des signaux….). Le débit et le sens de rotation
des pompes, l'intensité des LEDS, le
gain du module de détection sont paramétrables par logiciel.
• une application de type manuelle à partir de laquelle l’analyseur effectue des
cycles complets programmés, c’est à dire des séquences regroupant plusieurs
actions élémentaires (mesure d’un échantillon, d’un standard, lavage du
circuit…) dont le déclenchement est assuré par un tiers (soit par l’utilisateur
comme dans le cas du fonctionnement télé-opéré
soit par le biais d’un automate maître).
Les analyseurs CHEMINI sont
contrôlés à l’aide d’un logiciel sous Windows XP
développé par le service TSI/ME de
l’Ifremer. Ce logiciel permet d’avoir accès aux deux types d’applications
décrites précédemment avec un mode bas niveau et un mode cycle. Le logiciel
permet également le traitement des données et la conversion des données brutes
et des résultats directement sous EXCEL.
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Fig.2 visuel du bas niveau |
Fig.3 Visuel gestion des données |