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La soucoupe Cyana
Son histoireC'est à l'initiative de la Délégation Générale à la Recherche Scientifique et Technique (DGRST) qu'en 1966, l'équipe du commandant Cousteau entreprend la construction d'une soucoupe plongeante à 3000 m, d'où son nom de code SP3000. Elle s'inspire beaucoup de la SP350 immortalisée par le film "le Monde du silence". Différence essentielle, l'habitacle ellipsoïdale est remplacé par une sphère (forme plus résistante à la pression). Et par rapport aux bathyscaphes précédents, l'objectif de profondeur maximale a été réduit. Mais surtout le matériau de flottabilité n'est plus de l'essence, mais de la mousse syntactique. D'où une masse parfaitement compatible avec les portiques présents sur la plupart des navires océanographiques. La propriété de la SP3000 est transférée en 1969 au CNEXO (devenu depuis IFREMER) qui vient d'être créé. Deux ans plus tard, cette soucoupe, rebaptisée Cyana, est admise au service actif. En septembre 1971, une plongée d'essai,
heureusement sans équipage, tourne mal. Cyana, pendue à
un câble et lestée d'une lourde gueuse, est immergée au large de
la Sicile par 3 200 m de fond. Une manille s'ouvre, libérant le câble. La soucoupe reste
immobilisée à quelques mètres du fond. Le point de naufrage est immédiatement
marqué par une balise ultrasonore qui peut émettre un bip-bip pendant un mois
seulement. Une course contre la montre commence : il faut réarmer l'Archimède et l'équiper
en urgence d'une cisaille inspirée d'un coupe-jambon de charcutier ! Depuis, la soucoupe Cyana a effectué plus de 1 300 plongées à partir des différents navires océanographiques de l'Ifremer (Jean Charcot, Le Suroît, Le Noroît, Nadir, L'Atalante) ou de navires d'opportunité (Castor, Ravello). Ce sera pendant 15 ans l'outil favori des géologues et des géophysiciens, et après 1979, des biologistes. Cyana a été largement utilisée par les scientifiques français, mais aussi américains, anglais, allemands, ... Pendant l'été 1974, Cyana participe à l'opération Famous - en compagnie de l'Archimède et de l'Alvin -. Il s'agit de ses toutes premières plongées opérationnelles, et elles ne sont pas exemptes d'imprévus. Elle fait preuve à cette occasion de sa supériorité en terme de manuvrabilité et de disponibilité par rapport aux bathyscaphes utilisés jusqu'ici. En février 1978, sa 5ème plongée sur la dorsale Est-Pacifique pendant la campagne Cyamex constitue une date importante : c'est en effet la découverte des premières cheminées hydrothermales. Elles ne sont plus en activité, mais autour d'elles, il y a des amas de sulfures métalliques riches en zinc et cuivre. C'est à bord de Cyana qu'a été effectuée la première étude de la subduction des fonds méditerranéens entre la Grèce et la Crète, avec la découverte inattendue de phénomènes d'érosion sous-marine formant de véritables cavernes soutenues par de multiples colonnades. Des programmes industriels ou militaires ont aussi fait appel à Cyana. Par exemple, la reconnaissance du trajet d'un gazoduc destiné à relier le continent africain à l'Espagne. La Cyana est intervenue à de nombreuses reprises sur des épaves, en particulier aéronautiques. En 1990, non loin des bouches du Rhône, elle fait une découverte archéologique importante, un gros bateau gaulois, Arles 4. Et durant l'été 1992, elle identifie formellement le John Barry.
La Cyana a été désarmée en 2003. En 2004, elle est mise à la disposition de la Cité de la Mer à Cherbourg, le temps de l'exposition "20 000 heures sous les mers, à la découverte des volcans sous-marins" (29 mai 2004 - 2 janvier 2005). Elle y retrouve l'Archimède : tous deux avaient plongé durant l'été 1977 lors de la campagne Famous. |
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