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Les hydrates de gaz naturel

De la glace qui flambe !
Les
hydrates de gaz naturel ont l'apparence et la consistance de la
glace. Ce sont des molécules de gaz (comme le méthane) entourées
par un réseau de molécules d'eau disposées en cage - d'où le nom de
clathrate, du latin clatatrus, encapsulé, aussi donné à l'hydrate -.
Dans la nature, ils sont stables dans certaines conditions de température
et de pression. De très grandes quantités de gaz peuvent être stockées
sous forme d'hydrates. Un volume unitaire d'hydrate peut ainsi emmagasiner (ou
libérer) 160 volumes de méthane durant sa formation (ou sa décomposition).
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Echantillon
d'hydrate de gaz (principalement du méthane) prélevé par carottage
dans les premiers mètres de sédiment sous le fond de la mer au cours
de la campagne Zaï-ROV. Sur cette photographie prise à bord de L'Atalante, on observe le 'dégel' de l'hydrate. A l'approche de
l'allumette, le méthane libéré s'enflamme.
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Les hydrates de gaz,
future source dénergie ?
Ces poches de gaz constituent un fabuleux trésor énergétique,
deux fois
l'équivalent de méthane des réserves prouvées de charbon, pétrole
et gaz réunis.
Le service géologique américain (USGS) a en effet récemment estimé à
20 millions de km3 la quantité de méthane présente sous forme
dhydrate dans les fonds marins et les sols gelés arctiques.
Cette estimation demande toutefois à être
confrontée à des observations de terrain encore trop limitées. Et avant toute
idée d'exploitation, il est
important de mieux déterminer la répartition et le comportement de ces
hydrates. .
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Les hydrates de gaz
et le climat
En libérant de grands quantités de méthane, un gaz à fort
effet de serre, la déstabilisation des hydrates
de gaz présents dans les sédiments marins pourrait jouer un rôle fondamental
dans les changements climatiques globaux.
On a en effet noté que toutes les périodes de réchauffement climatique depuis
60 000 ans ont été marquées par des teneurs atmosphériques en méthane élevées.
Or le mécanisme "début de réchauffement -
déstabilisation thermiques des hydrates - libération de méthane" a
bien pour effet une accélération du réchauffement.
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Instabilité des pentes
On a constaté que lors du réchauffement climatique qui a suivi
les dernières glaciations, la déstabilisation des hydrates de gaz présents
dans les sédiments des pentes continentales a probablement été à lorigine
de grands glissements de terrain, tel il y a 8000 ans, l'avalanche sous-marine de Storegga,
au large de la Norvège.
Ces glissements de terrain peuvent être à l'origine de
tsunamis (raz-de-marée) dévastateurs.
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Les hydrates
et les activités pétrolières offshore
La fragilisation des fonds, suite à une déstabilisation
thermique des hydrates, est susceptible d'entraîner des glissements de
terrain et constitue donc un danger pour
les installations pétrolières de forage, de production ou de transport (pipes, gazoducs,
...).
Par ailleurs la formation spontanée d'hydrate de gaz dans les
installations pétrolières crée aussi un risque, l'obstruction des conduites.
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Où les trouve-t-on ?
La formation et la conservation dhydrates de gaz dans les sédiments
marins exigent des pressions élevées et des températures basses. Ces
conditions, pour les marges continentales situées à moyenne ou basse latitude,
comme cest le cas pour la marge atlantique de lEurope ou de lAfrique,
sont celles de loffshore profond (au-delà de 300 mètres de profondeur
deau).
La zone de stabilité des hydrates sétend du fond de la mer
à une profondeur maximale dans les sédiments qui est dictée principalement
par les conditions de température ambiantes. Au-delà de cette profondeur, la température est trop élevée.
En pratique, les hydrates de gaz sont presque toujours rencontrés
dans les 500 premiers mètres sédimentaires sous le fond de la mer. Ils ont été
mis en évidence lors de nombreux forages du programme de forage scientifique
international ODP (Ocean Drilling Program).
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Les recherches à lIfremer
Une meilleure appréciation des teneurs en hydrates des pentes
continentales, de leur thermicité naturelle et des perturbations apportées à
celles-ci par lactivité humaine, peut aider à mieux évaluer le risque lié
à la présence dhydrates de gaz dans ces pentes. L'Ifremer poursuit sur ce sujet, deux objectifs : -
détecter et évaluer les accumulations d'hydrate de gaz (développement
de méthodes géophysiques, étude sur sites, ...) - caractériser et
simuler le comportement mécaniques des sols en présence d'hydrate de gaz
Pour des raisons de proximité géographique, lIfremer est amené à travailler sur la marge atlantique, de la Norvège à
lAfrique occidentale, et en Méditerranée. et dans les DOM TOM, une attention particulière est
portée à la zone économique exclusive au large de la Nouvelle Calédonie.
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