Lieu noir
(Pollachius virens)

Comment vit-il ?
Répartition géographique :
Le lieu noir est distribué dans l'Atlantique nord-est du Groenland et du nord de la
Norvège , jusqu'au nord du golfe de Gascogne .
Habitat :
Le lieu noir vit en bancs soit en pleine eau soit près du fond, dans une masse d'eau
comprise entre la côte et 200 mètres de profondeur .
Les juvéniles, individus n'ayant pas encore atteint leur maturité sexuelle, sont
concentrés près de la côte tandis que les adultes fréquentent de préférence les
zones plus profondes du plateau continental .
Alimentation :
Pendant sa première année d'existence près de la côte, le lieu noir se nourrit
essentiellement de petits crustacés pélagiques puis progressivement de petits poissons
(harengs, capelans , moruettes ...) .
Devenu adulte, il consomme toujours des crustacés mais surtout de poissons tels que
tacaud norvégien, lançon, sprat, merlan bleu ...
Croissance :
A un an , il mesure environ 20 cm pour atteindre 1 m à l'âge de dix ans .
L'espérance de vie du lieu noir est supérieure à 25 ans.
Reproduction :
Il acquiert sa maturité sexuelle entre 5 et 10 ans selon les individus, c'est à dire
que sa taille est alors supérieure à 60 cm.
Le frai a lieu sur des fonds de 100-200m au nord de l'Ecosse et dans le nord-ouest des
Hébrides. Il débute en janvier pour se terminer en mars.
Selon leur taille,les femelles portent de 200 000 à 4 millions d'oeufs ... mais bien
peu d'entre eux donneront des adultes.
Migrations :
Hormis quelques possibles grandes migrations, les principaux déplacements du lieu noir
s'effectuent au moment de la reproduction lorsque les géniteurs rejoignent massivement
les aires de ponte au large.
Pour plus d'informations, voir Les poissons de mer des pêches françaises de
Jean-Claude Quéro et Jean-Jacques Vayne aux Editions Delachaux et Nestlé.
Comment est-il exploité ?
Description de la pêcherie :
Le lieu noir est essentiellement capturé par des chalutiers français et britanniques
et quelques senneurs écossais.
La part des débarquements français tend à diminuer légèrement mais elle
représente encore environ 50% des captures internationales.
C'était l'espèce -cible traditionnelle des chalutiers industriels de Lorient et de
Boulogne.
L'essentiel des prises annuelles s'effectuait alors au cours du premier
trimestre, au plus fort des concentrations de géniteurs dans le nord-ouest de l'Ecosse.
Depuis les années 90, période à laquelle la pêche s'est orientée sur les espèces
profondes, seule une partie de l'activité de ces navires reste dirigée sur le lieu noir.
De fait, actuellement les captures se répartissent plus régulièrement sur les trois
premiers trimestres de l'année.
Débarquements et captures :
Les captures internationales ont fortement fluctué entre deux pics avoisinant les 40
000 t en 1976 et 1986. Depuis , elles se sont effondrées se situant sous la barre des 10
000 t en 1996 et 1997 .
Rendements :
Les rendements des chalutiers français qui recherchent le lieu noir, sont très
variables selon la saison et la détection des concentrations.
En moyenne, on constate une chute très importante des rendements depuis dix ans:
depuis 1992, ils oscillent entre 100 et 150 kg/heure de pêche alors qu'ils atteignaient
350 kg/heure en 1986.
Structures démographiques :
Les tailles les plus fréquemment rencontrées se situent entre 45 et 65 cm , ce qui
correspond à des poissons âgés de 3 à 5 ans.
Le développement de la pêche britannique , plus côtière , ainsi que la diminution
de la pêche ciblant les concentrations de géniteurs expliquent la baisse de la taille
moyenne des poissons capturés depuis une dizaine d'années.
Cependant du fait de son exploitation plus hauturière , la flotte française capture
des individus dont la taille moyenne est légèrement supérieure, donc plus âgés que
ceux des autres pays.
Le diagnostic
On considère que le lieu noir de l'ouest de l'Ecosse appartient à un stock distinct
bien qu'il n'y ait pas de séparation évidente avec celui de le mer du Nord.
Etant donné les possibles liens de ce stock avec celui de la mer du Nord, une
évaluation globale pourrait être envisagée. Sans préjuger des résultats , il est
probable que le stock de mer du Nord étant beaucoup plus important que celui de l'ouest
Ecosse , le diagnostic global soit peu différent de celui obtenu pour la seule mer du
Nord .
Mortalité par pêche :
La mortalité par pêche est restée stable au début de la période étudiée
(1972-1983) puis a plus que triplé entre 1983 et 1990. A partir de cette date, un report
de l'effort de pêche vers les espèces profondes a entraîné une forte diminution de la
mortalité par pêche sur le lieu noir.
Recrutement :
Le recrutement annuel est très fluctuant. Après une période de mauvais recrutements
de 1975 à 1979 , le lieu noir a connu quelques bonnes classes d'âge au début des
années 80. Mais depuis 1988, les recrutements ne cessent de diminuer.
Biomasse des reproducteurs :
Elle a pratiquement été divisée par neuf en vingt ans. Cette diminution,
particulièrement brutale à partir du milieu des années 80, semble enrayée depuis
quelques années, mais la biomasse des reproducteurs demeure à un niveau extrêmement
bas.
Perspectives :
Le maintien actuel des conditions d'exploitation (mortalité par pêche encore
élevée, captures composées pour les trois quarts de juvéniles), ne permettra pas une
exploitation durable du stock. Avec une biomasse féconde aussi faible, l'état du stock
est considéré comme très inquiétant et on s'interroge quant à sa capacité à
générer des recrutements susceptibles d'assurer son renouvellement.
Figures disponibles
- débarquements
- composition en âges 1997
- biomasse et recrutement
- mortalité par pêche
- tableau " TAC et débarquements "