Activités de recherche - année 1998Environnement littoralSommaire :
Fonctionnement de lécosystème Modélisation des proliférations phytoplanctoniques atlantiques LIfremer met au point un modèle écologique tridimensionnel, fondé sur le couplage entre un modèle hydrodynamique et un modèle biologique. Le modèle hydrodynamique permet de rendre compte des phénomènes dadvection et de dispersion sous leffet du vent et de la marée et simule lévolution des structures hydrologiques du plateau continental. Il a mis en évidence linfluence des vents sur lévolution des panaches de fleuves. Le modèle biologique permet de simuler de facon réaliste le devenir des sels nutritifs (azote, phosphore et silicium), du phytoplancton et des formes organiques détritiques dans leau. Ce modèle écologique contribuera à améliorer nos connaissances sur linfluence des différents facteurs sur la production primaire et de quantifier le rôle des différences météorologiques interannuelles ; il est pour linstant en phase de calibration sur les données existantes. Les images satellitaires couleur de leau émises par le capteur SeaWiFS de la NASA sont utilisées afin de valider les simulations. Littoral breton, azote et bassins versants Une collaboration sest instaurée entre lIfremer, les collectivités territoriales, lAgence de lEau Loire-Bretagne sur les apports dazote en Bretagne. En effet, les flux dazote dorigine terrestre engendrent deux phénomènes sur les côtes bretonnes : des " marées vertes " et des efflorescences phytoplanctoniques, dont certaines peuvent être toxiques. Pour donner lieu à une prolifération dalgues vertes (ulves), le flux dazote doit être délivré sur une plage à faible pente et couverte dune eau peu renouvelée. Les anses et les baies des Côtes-dArmor et du Finistère sont les plus nombreuses à être touchées : environ cinquante sites, dont une quinzaine de façon notable à très forte. Plusieurs opérations ont été réalisées :
Malgré un réel effort pour limiter les apports en azote, les concentrations et les flux continuent encore daugmenter. Ceci sexplique par linertie du système sol/sous-sol dans la restitution de lazote aux cours deau. Le contrôle des marées vertes sera donc une affaire de longue haleine. Les aménagements dans les estuaires justifient souvent que soient prises des mesures de protection, de restauration, de réhabilitation de zones dintérêt biologique. Un séminaire national, organisé par le GIP Hydrosystèmes avec la collaboration du ministère de lAménagement du Territoire et de lEnvironnement, a permis de proposer des stratégies pour mieux gérer laménagement et le maintien dun fonctionnement naturel des estuaires. Les résultats de ce séminaire ont été publiés dans la série " Actes des colloques " de lIfremer. Les proliférations et les invasions Groupe de travail international sur le plancton toxique Le groupe de travail conjoint du Conseil international pour lexploration de la mer et de la Commission océanographique intergouvernementale sur la dynamique des efflorescences algales toxiques a étudié la mise à jour des cartes décennales dévénements toxiques. Ces cartes sont actualisées par lIfremer pour les pays du CIEM et diffusées sur son serveur. Séminaire Geohab (Global Ecology and Oceanography of Harmful Algal Blooms) Un séminaire financé par lUnesco (SCOR, Scientific Committee on Oceanic Research et COI, Commission océanographique internationale) sest tenu au Danemark, afin détablir un plan daction scientifique coordonné pour développer les connaissances sur les événements toxiques algaux et organiser la coopération internationale sur ce sujet. La recherche doit permettre de comprendre les particularités et les mécanismes spécifiques contrôlant la dynamique de population dune espèce toxique. Cette compréhension fondamentale pourra être utilisée pour loptimisation dopérations de surveillance ; elle est aussi nécessaire à létablissement de scénarios prédictifs dapparition, de transport, de toxicité et deffets environnementaux. La France poursuit, depuis 1988, un programme national (PNEAT, programme national " Efflorescences algales toxiques ") avec des objectifs généraux identiques à ceux de Geohab, susceptible de constituer le volet Geohab-France. Estuaire de Seine : synthèse et applications LIfremer coordonne depuis quatre ans le programme " Seine-Aval ", qui a pour objectif de comprendre les dysfonctionnements de lestuaire afin de développer les outils nécessaires à sa gestion. Des progrès remarquables dans la recherche des germes in situ par génie génétique ont permis de dénombrer les bactéries nitrifiantes, les bactéries témoins de contamination fécale et les bactéries ayant acquis une résistance au cadmium. De même, des bilans massiques ont été réalisés en sédimentologie et pour certains paramètres appartenant aux cycles naturels (azote, oxygène dissous...). Les laboratoires de lIfremer, outre leurs travaux sur la modélisation de lécosystème estuarien, ont obtenu des résultats sur le transport sédimentaire des polluants, la contamination chimique de lestuaire (cadmium, herbicides), ainsi que sur la bioaccumulation des polychlorobiphényls (PCB) dans la chaîne trophique du bar. Par ailleurs, lutilisation dun sonar latéral a permis à lInstitut et aux universités de Caen et de Rouen détablir la première cartographie sédimentaire des fonds de lestuaire. Le Comité scientifique international dévaluation et dorientation du programme sest réuni pour la première fois le 6 mars 1998. Lévaluation a été favorable ; le Comité a recommandé la réalisation dune synthèse des résultats acquis, afin de valoriser au mieux limportant travail réalisé. A partir des résultats du programme, des applications ont pu être faites, en particulier :
Le programme est devenu un outil opérationnel daide à la décision : contamination par le mercure (DDASS), orientations des contraintes à appliquer aux industriels (DRIRE), définition dindicateurs pertinents de suivi de la qualité de leau (AESN). Pollution du littoral des Pyrénées-Atlantiques par les macrodéchets en provenance du large A la demande de la préfecture des Pyrénées-Atlantiques, lIfremer a rédigé un document de synthèse sur la pollution littorale du Pays Basque par les macrodéchets. Les connaissances actuelles sur la dynamique côtière du golfe de Gascogne permettent de penser quune partie des déchets de la côte espagnole et de la Corogne peut être transportée jusquaux côtes françaises durant la période hivernale. En été, ces déchets sont transportés plutôt au nord ou au nord-ouest, du fait des vents dominants de secteur nord-ouest. Larrivée de déchets espagnols sur les côtes françaises ne pourrait donc être quindirecte en cette saison : transit vers le nord-ouest en été et retour sur la côte française en hiver. Mais les connaissances actuelles en hydrodynamique ne permettent pas une réponse définitive. Les bactériophages : indicateurs viraux ? LIfremer a présenté ses résultats sur la contamination virale des coquillages au cours du 19ème congrès de l" International Association on Water Quality " (Vancouver, juin 1998). Ce congrès concerne lensemble des aspects touchant la qualité de leau, les rejets deaux usées et leur impact (baignade, coquillages, santé, retombées économiques). De nombreux exposés ont soutenu le nouveau concept dutilisation des bactériophages comme indicateur viral, aussi bien pour le contrôle des eaux potables (action américaine, canadienne), que des eaux de baignade (action néerlandaise et espagnole) et des coquillages (action anglaise). LIfremer a lancé un programme dobservation de ces bactériophages sur quelques sites français pour évaluer la pertinence de cet indicateur dans les cas de contamination concernés. Contamination des abers du Nord-Finistère par les composés organostanniques Les ostréiculteurs des abers du Nord-Finistère observent des anomalies sur les huîtres de leurs élevages susceptibles dentraîner une dévalorisation des produits mis en marché. Ce constat suggère lhypothèse dune altération de la qualité des eaux par la présence de composés organostanniques (peinture anti-salissures), liés à la présence de 461 mouillages permanents. Le syndicat ostréicole des Abers a contractualisé auprès de lIfremer une étude sur la contamination des eaux. Les concentrations de tributyl étain (TBT) les plus élevées ont été relevées sur les sites des ports de lAber Benoît et de lAber Wrach . Pour les deux abers, on constate une diminution progressive de la contamination vers lamont des estuaires, et des concentrations nettement plus faibles vers la partie marine aval. Les concentrations en TBT supérieures à 2 ng/l-1 (cette valeur étant le seuil en dessous duquel il ny a pas deffet provoquant des anomalies de calcification chez lhuître Crassostrea gigas), peuvent expliquer ces anomalies, sans préjuger des effets possibles sur le plancton ou sur les populations de gastéropodes. Lexamen dun échantillon dhuîtres élevées durant deux ans sur le site de lAber Benoît confirme ce constat, avec 100 % de chambrage caractéristique dune présence excessive de TBT. Contamination des zones côtières par les produits phytosanitaires La recherche marine et lobservation de lenvironnement en zone estuarienne et côtière apportent des résultats nouveaux, mettant en évidence une contamination ubiquiste et pérenne du littoral français par les produits phytosanitaires. Les données sur la distribution spatio-temporelle des concentrations de ces biocides couvrent trois façades maritimes, correspondant aux grands bassins versants : Seine-Manche, Loire-Gironde-océan Atlantique, Rhône-Méditerranée. Les résultats démontrent que les herbicides appartenant à différentes familles de composés (triazines et produits de leur dégradation, amides et acétanilides) sont des contaminants organiques majeurs, présents à létat de traces sous forme dissoute dans les eaux estuariennes et côtières en France. La présence constante des triazines et des produits de leur dégradation, établie en tous lieux, confirme le caractère ubiquiste de cette contamination. Dautres biocides ont été formellement détectés et identifiés dans les eaux estuariennes, mais leurs traces semblent être limitées dans le temps et restent localisées dans lespace. Ces résultats ont été publiés dans une synthèse de lInstitut francais de lenvironnement. Comportement géochimique des herbicides en milieu estuarien Létude du transport et des transformations des herbicides organoazotés dans les zones de mélange des estuaires a pour but délucider leur comportement géochimique. A léchelle de temps considérée, les triazines ne subissent aucune dégradation ni échange avec la phase particulaire. Ce phénomène de dilution conservative implique que les flux bruts entrant dans la zone fluviale sont équivalents aux flux nets exportés en zone marine. Ces résultats ont pour conséquence des considérations pratiques quant au développement dune stratégie commune dévaluation des apports fluviatiles des herbicides en zone côtière. Une meilleure compréhension du comportement géochimique de contaminants en milieu estuarien permet également de formaliser ces observations à laide de modèles mathématiques. Étude de flux des herbicides dans le Rhône et la Seine Lestimation des flux fluviatiles sinscrit dans le contexte international des conventions de Barcelone et dOSPAR (pour lAtlantique Nord-Est), répondant aux recommandations prises sur la réduction des apports de contaminants en milieu marin côtier. Les apports bruts fluviatiles de latrazine dissoute ont été estimés, dans le delta du Rhône à 5 800 kg/an en 1994-1995, et dans lestuaire de la Seine à 1 300 et 2 200 kg/an, respectivement, en 1992 et 1993. Dans le cas du Rhône, une quantité importante est transportée également sous forme de produits de dégradation (e.g. deséthylatrazine : 3 100 kg/an). Une différence notable de potentiel de transfert de pesticides existe entre les bassins versants du Rhône et de la Seine, le Rhône se caractérisant par un potentiel plus élevé que celui de la Seine. Les résultats de ces recherches fournissent des informations nécessaires au calcul des bilans massiques des herbicides utilisés en France, et des informations indispensables pour la recommandation et la définition dun protocole de suivi. Réseau dindicateurs biologiques en Méditerranée LIfremer et lAgence de lEau Rhône-Méditerranée-Corse lancent une nouvelle campagne détude de la contamination chimique du littoral méditerranéen, en utilisant des mollusques comme biointégrateurs. Sont associés en partenariat à cette opération, lAgence méditerranéenne de lenvironnement (AME) sur le complexe lagunaire de Bages-Sigean (Aude) et lIntitut de protection et de sécurité nucléaire (IPSN) pour la mesure de radioéléments en mer. A partir de la mi-mai, quarante stations artificielles de moules ont été posées, de la frontière espagnole à la frontière italienne et en Corse, en mer et en lagunes. Elles ont été relevées après trois mois dimmersion et la chair des moules a été analysée pour mesurer les teneurs en contaminants chimiques (métaux lourds et molécules organiques comme les pesticides et les hydrocarbures) ayant un impact sur lenvironnement marin. Le rapport final de létude est prévu pour le mois de juillet 1999. Modèle de dispersion en Manche pour lIPSN LIfremer vient de livrer à lInstitut de protection et de sûreté nucléaire un modèle mathématique de calcul de la dispersion de matières dissoutes rejetées dans le milieu marin. Ce modèle hydrodynamique est basé sur la méthode " lagrangienne barycentrique ", précédemment mise au point. Il permet de calculer, sur de longues échelles de temps (plusieurs années) et de petites échelles spatiales (plusieurs milliers de kilomètres), le déplacement, la dilution et la décroissance de substances chimiques (conservatives) quelconques. Il sagit dun modèle bidimensionnel en coordonnées sphériques basé sur lhypothèse de la prépondérance de la marée et du vent. Ce nouvel outil fait suite à un premier prototype et laméliore. Son emprise géographique est plus large (il couvre intégralement le sud de la mer du Nord, la Manche, la mer dIrlande et, partiellement, le plateau atlantique et la mer Celtique). La résolution spatiale a été perfectionnée. Elle est désormais de 1 km. Ces nouvelles caractéristiques correspondent à un nombre de points de calcul supérieur au million. Le calage et la validation du modèle ont été réalisés à partir de lobservation des éléments radioactifs émis par lusine de retraitement de La Hague (particulièrement lantimoine 125), utilisés comme traceurs. Transfert de modèles hydrodynamiques vers les laboratoires côtiers : lexemple de Boulogne-sur-Mer LIfremer a décidé déquiper progressivement les stations côtières dun outil de calcul de la courantologie, de la dilution et de la dégradation de divers constituants transportés par le courant, afin de les aider dans la formulation des réponses aux questions qui leur sont posées dans ce domaine. A Boulogne-sur-Mer, le problème principal concerne le devenir des bactéries en mer. A la demande de lAgence de lEau Artois-Picardie, lIfremer a modélisé les conditions de dilution, de transport et de dégradation des rejets bactériens inventoriés sur trois sites : la baie de Somme, les abords de Boulogne-sur-Mer et le littoral proche de Dunkerque, à Oye-Plage. Les modèles hydrodynamiques des sites de Boulogne-sur-Mer et de la baie de Somme, ainsi que le modèle à maille plus large du Nord-Pas-de-Calais et de la Picardie, ont été transférés au laboratoire de Boulogne, qui a procédé à leur validation en comparant les résultats de terrain avec ceux donnés par la simulation. Ces modèles serviront de support aux avis en matière denvironnement : positionnement dun rejet, dun ouvrage, suivi de polluants, rejets de dragage. Leur objectif est daider à la reconquête de la qualité des eaux littorales, conchylicoles et de baignade. Proliférations phytoplanctoniques de lété 1998 et fermeture de zones
Autres espèces non toxiques 1998 a été une année particulièrement riche en efflorescences phytoplanctoniques diverses : de nombreuses espèces, non toxiques, ont proliféré de façon importante, au printemps mais également en fin dété. Méthodes détude du phytoplancton toxique Les journées du Réseau de surveillance du phytoplancton et des phycotoxines (Rephy), dont lIfremer est responsable, ont pour objectif léchange dinformations sur les techniques ou les résultats nouveaux ainsi que des mises au point sur le fonctionnement, les stratégies et les méthodes entre laboratoires côtiers et laboratoires de recherche. Elles ont permis daborder :
Surveillance du phytoplancton toxique : document de synthèse sur dix ans Ce document compile tous les événements qui ont été associés, de 1984 à 1995, à la présence de ces espèces sur le littoral français, avec des conséquences sur la consommation des coquillages ou bien sur la survie des animaux marins. Sont présentés, en particulier, les résultats des épisodes de toxicité liés à la présence, dans les coquillages, de toxines diarrhéiques (DSP) ou de toxines paralysantes (PSP), ainsi quune description détaillée de toutes les zones ayant fait lobjet dinterdictions de vente et de ramassage des coquillages. Un récapitulatif des épisodes de mortalités danimaux marins (poissons sauvages ou délevage, coquillages...), associés à des développements phytoplanctoniques, est également inclus. Base des données de la surveillance Quadrige : mise en place opérationnelle La base Quadrige, qui accueille les données des réseaux de surveillance, est aujourdhui opérationnelle : elle contient un peu plus de 1,7 millions de résultats. En mai, une nouvelle version des outils de saisie et de consultation a été livrée, et les utilisateurs habituels ont procédé à son installation par lintermédiaire de lIntranet Ifremer. Parallèlement, un comité des utilisateurs a été mis en place, qui jouera un rôle de conseil et dévaluation. Il est la force de proposition des évolutions de la base Quadrige. Évaluation des systèmes de contrôle de la salubrité des coquillages par la Commission européenne Une mission de lOffice alimentaire et vétérinaire de la Commission européenne (DG 24) sest déroulée dans les Côtes dArmor et à Saint-Malo. Cette mission dun vétérinaire de lOffice sur le littoral des Côtes dArmor, accompagné des responsables sectoriels du ministère de lAgriculture et des Pêches, avait pour but dévaluer :
Lexpert a estimé que le dispositif de surveillance de la qualité des eaux côtières géré par lInstitut (avec les trois réseaux Remi, Rephy et Rno) est adapté aux exigences de la directive 91/492 CEE. Cependant, il sest interrogé sur la pertinence du Rno à aborder la gestion du risque alimentaire inhérent à la contamination chimique des coquillages. De façon plus générale, lexpert de lOAV a signalé que de gros efforts sont réalisés en France pour lapplication des dispositions communautaires dans ce domaine. Toutefois, une déficience collective a été notée en ce qui concerne la célérité des échanges dinformation qui devrait permettre à toutes les autorités compétentes de disposer des données de la surveillance du milieu dans des délais compatibles avec la mise en place de plans de surveillance des produits, adaptés au risque sanitaire. Il a été rappelé par lIfremer que lobjectif initial du Rno consiste à évaluer les niveaux et tendances des polluants. Cependant, certains résultats ont été utilisés pour le classement des zones de production. Par ailleurs, la diffusion des données de la surveillance des eaux côtières va être grandement améliorée par laccès aux données de la base Quadrige. PhytoQuiz : un CDRom pour lidentification du phytoplancton PhytoQuiz 1 est le premier des 2 CD-Roms bilingues (français et anglais) dauto-formation à lidentification du phytoplancton destinés à des observateurs préalablement initiés : techniciens, aquaculteurs, étudiants. Plus particulièrement adaptés au personnel impliqué dans la surveillance, ils couvrent le phytoplancton et le microphytobenthos des côtes françaises : PhytoQuiz 1 traite des organismes flagellés marins, PhytoQuiz 2 traitera des organismes non flagellés deaux marines à saumâtres. Ce produit intéresse de nombreux pays, particulièrement ceux qui possèdent un réseau de surveillance, ou encore ceux qui prévoient den créer un. La COI (Commission océanographique intergouvernementale), organisme de lUnesco chargé dassurer des cycles de formation a marqué également son intérêt. Le système automatisé de surveillance du littoral " Marel " Le Comité de pilotage Marel (*) (Mesure automatisée en réseau pour lenvironnement littoral) sest tenu à Rouen. Dun point de vue technique, le projet est qualifié de franc succès par notre partenaire régional (SGAR), qui le considère comme lune des réussites du plan 1994-1999 de la région. Faisant suite à limplantation de la station estuarienne dHonfleur qui fonctionne depuis dix-huit mois, la première station marine Grande Rade Sud, Marel, a été mise en place en baie de Seine. Elle fonctionne depuis en mode nominal sans quaucune intervention à bord ne soit nécessaire. Après validation, les données peuvent être visualisées sur le Web, tout comme celles de la station estuarienne dHonfleur. Une opération de maintenance prévisionnelle sera faite prochainement. Certaines mises au point techniques sont opérées actuellement. Lensemble des mesures qui doivent être réalisées contractuellement sont disponibles, mis à part les nitrates, lanalyseur correspondant devant encore subir des tests en environnement avant dêtre implanté sur les bouées. Les deux dernières stations marines qui complèteront le réseau sont prêtes depuis septembre 1998, mais nont pas encore pu être mises en place à cause des conditions météorologiques défavorables. Le maintien opérationnel du réseau par lInstitut, dans les conditions contractuelles, est prévu jusquà fin 1999. La propriété des stations de surveillance est dévolue à lIfremer pour la durée du plan, étant convenu quune structure relais serait mise en place au cours de la dernière année. Une extension du réseau est souhaitée par nos partenaires dans le cadre du futur plan État-région. LIfremer participe à des réunions organisées par la Commission nationale du débat public (CNDP) sur lenvironnement de lestuaire de la Seine. Cette commission a été mise en place pour renforcer la prise en compte de lenvironnement dans les grands projets daménagement. Elle constitue la garantie que les objectifs et tous les aspects du projet auront été publiquement débattus avant toute prise de décision définitive. Dans une première étape et dans lattente de la définition du projet dextension, les scientifiques doivent répondre à la question suivante : quels sont les risques de " perte " pour le milieu naturel si lon modifie lestuaire ? En effet, celui-ci est une zone sensible très particulière, à la fois lieu de mélange eaux douces-eaux marines et siège de processus hydrosédimentaires spécifiques. (bouchon vaseux-crème de vase, zones intertidales...). En outre, lestuaire est également une zone de nourricerie pour de nombreuses espèces de poissons, une zone de séjour et de nourrissage de nombreuses espèces doiseaux, et joue un rôle de régulateur des flux continent-océan avec des phénomènes de stockage de nombreux contaminants chimiques et bactériens. Un document de synthèse a été rédigé par lIfremer dans le cadre du programme " Seine-Aval ", qui dresse létat des connaissances sur le sujet. Celui-ci servira de document de base, avant les études complémentaires qui seront lancées ultérieurement. 400 avis des laboratoires côtiers Le nombre davis avoisine les 400. Les demandeurs sont divers : mairies, préfectures, groupements intercommunaux, conseils généraux, conseils régionaux et services déconcentrés de lÉtat. Cependant, 80 % des demandes davis proviennent de deux administrations, les affaires maritimes et léquipement. Sur les vingt-six départements littoraux de la métropole, la répartition entre les demandes est très inégale, puisque huit départements (Somme, Landes, Aude, Gard, Alpes-Maritimes, Eure et départements de la Corse) ont posé moins de cinq questions sur la période étudiée (1995-1998), alors que plus de cent ont été formulées dans cinq autres départements (Côtes dArmor, Finistère, Morbihan, Charente-Maritime et Gironde). Ces cinq derniers départements sont, pour mémoire, de gros producteurs de coquillages. Il est également intéressant de constater que 85 % des avis ne touchant pas à la conchyliculture (pour lesquels la consultation de lIfremer est requise par la réglementation) sont situés à moins de 30 km dune station ou dun centre de lIfremer. Lorsque laboutissement de ces dossiers est connu, dans 97 % des cas, les avis formulés par lIfremer ont été suivis par ladministration. * La station marine Marel comporte vingt panneaux solaires fournissant une puissance installée de 25 W en moyenne à une batterie tampon de 640 Ah ; retenue par trois corps morts de 40 tonnes, elle a une hauteur de 5,5 m (3,5 m au-dessus de la surface) et 3,6 m de diamètre. Elle mesure, en trois points de la tranche deau, les principaux paramètres physico-chimiques de leau : température, oxygène, pH, chlorophylle, turbidité, nitrates (à venir), ainsi que les paramètres océano-météo : houle, vent, courant, pression atmosphérique, température de lair.
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