MORTALITES D'HUÎTRES CREUSES 2009

Les expériences menées en 2009, autour des mortalités d'huîtres creuses, ont abouti à un rapport intermédiaire, téléchargeable. Vous trouverez ci-dessous le résumé, ainsi que le lien vers le document en pdf.

titre :

Mortalité du naissain d’Huître creuse Crassostrea gigas dans l’étang de Thau en 2009

auteurs

Pernet Fabrice, Barret Jean, Le Gall Patrik, Malet Nathalie, Pastoureaud Annie, Munaron Dominique, De Lorgeril Julien, Bachere Evelyne, Vaquer Andre, Huvet Arnaud, Corporeau Charlotte, Normand Julien, Boudry Pierre, Moal Jeanne, Quere Claudie, Quilien Virgile, Daniel Jean-Yves, Pepin Jean-Francois, Saulnier Denis, Gonzalez Jean-Louis

résumé :

Cette étude conduite en Méditerranée pendant un épisode de mortalité massive du naissain d’huître creuse Crassostrea gigas généralisé en France en 2009 a pour objectifs d’améliorer la compréhension des causes des mortalités de naissain, d’identifier les pratiques culturales à risque, et d’approfondir des pistes visant à la réduction de ces mortalités. Afin d’atteindre ces objectifs, nous avons suivi les paramètres environnementaux de l’étang de Thau en relation avec la mortalité. Par ailleurs, nous avons réalisé une expérience visant à comparer les performances des huîtres en fonction de leur origine, stade de développement et site de culture, en relation avec l’énergétique, la reproduction et la pathologie. Finalement, nous avons fait des expériences de transfert d’huître d’un milieu exempt de mortalité vers l’étang de Thau où des mortalités massives ont été enregistrées. L’analyse des paramètres environnementaux de l’étang de Thau montrent que le seul point commun entre les années à mortalité d’huître (2008-09) est la biomasse phytoplanctonique remarquablement constante et faible par rapport aux moyennes décennales. Les mortalités d’huîtres en 2009 touchent spécifiquement le naissain quelles que soient l’origine et la ploïdie, lorsque la température de l’eau atteint 17.5°C. Par rapport aux années précédentes, la mortalité s’intensifie et le seuil thermique de déclenchement est abaissé de ~2°C. Les huîtres maintenues en mer profonde demeurent indemnes. Le démarrage des mortalités de naissain coïncide avec une accélération du taux de croissance alors qu’il semble y avoir un déficit énergétique avant le déclenchement des mortalités qui fragiliserait particulièrement le naissain caractérisé par des réserves énergétiques inférieures aux adultes. Le démarrage des mortalités coïncide avec l’initiation de l’activité gamétogénique, avant l’atteinte de la maturité sexuelle et bien avant la ponte ce qui est plutôt atypique. Enfin, l’apparition des mortalités coïncide avec une infection soudaine et imprévisible par le virus herpès OsHV-I dans le naissain d’huître suggérant que ce dernier est impliqué dans le phénomène de mortalité. Le transfert d’huîtres triploïdes saines maintenues en mer ouverte vers l’étang de Thau au printemps conduit à une infection massive par le virus herpès, visible dès le 1er prélèvement après seulement 6 jours. Les charges virales sont maintenues à des niveaux élevés jusqu’à la fin de l’expérience après 18 jours, où la mortalité moyenne constatée des huîtres est de 84%. D’un point de vue plus appliqué, nous avons constaté que le risque de mortalité en 2009 est d’autant plus élevé que les animaux sont petits, coïncidant notamment avec des différences marquées en énergie de réserve entre naissains et adultes. Une pratique culturale pour limiter la mortalité consisterait à éviter de déployer des animaux de taille < 30 mm fin mars, c’est à dire éviter les opérations de pré grossissement au printemps en faveur du pré grossissement automnal. Les naissains sont touchés de la même façon par les surmortalités quelles que soient leur origine (naturel vs. écloserie) et leur ploïdie (2n vs 3n), de sorte qu’il n’est pas possible de favoriser une voie d’approvisionnement en naissain plus qu’une autre pour limiter la mortalité. Finalement, il semble que l’ostréiculture en mer profonde puisse être une voie intéressante pour sécuriser le pré grossissement.

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