Phytoplancton

La biomasse du phytoplancton dans l'étang de Thau est nettement supérieure aux concentrations rencontrées en mer, comme le montrent les concentrations en chlorophylle-a observées dans la colonne d'eau (Figure 22). La distribution spatiale de la production phytoplanctonique est très inégalement répartie dans la lagune, avec des maxima dans les secteurs conchylicoles. Cette localisation souligne l'importance de la production régénérée, soutenue par les sources internes de nutriments et liée au picophytoplancton (< 2µm). Le picophytoplancton représente effectivement 85% des abondances (soit en moyenne 35.106 cel/L) et 40% de la production du phytoplancton et est essentiellement issu de la régénération de nutriments (Plus, 2001). Le plancton de taille supérieure (diatomées et flagellés), dont l'abondance  moyenne annuelle est de 5. 106 cel/L, est dominant pendant les périodes pluvieuses et correspond à la production primaire nouvelle dépendant des apports du bassin versant (Vaquer et al., 1996).

La biomasse élevée de phytoplancton dans la lagune de Thau, supérieure à celle d'autres milieux lagunaires, traduit la bonne productivité estivale du milieu, permettant de supporter la bonne croissance des coquillages en élevage sans apport excessif de nutriments (Knoppers, 1994 ; Chapelle et al., 2000). ). D'autre part, c’est au sein de la communauté phytoplanctonique de la lagune de Thau que la plus petite cellule eucaryote (Ostreococcus tauri) décrite à ce jour a été découverte (Courties et al. 1994).