Phytoplancton toxique

La surveillance du phytoplancton toxique s’effectue dans le cadre du réseau REPHY sur trois points d’observation (Figure suivante) qui sont éventuellement complétés de points d’appui supplémentaires en cas de blooms d’espèces toxiques.

Localisation des points de prélèvement REPHY.

Sur l'étang de Thau, trois genres phytoplanctoniques toxiques induisant un risque potentiel pour les consommateurs de coquillages sont régulièrement recherchés dans l'eau et les coquillages dans le cadre du REPHY (Figure suivante) :

  • Dinophysis responsable de la toxicité à effet diarrhéique (DSP),

  • Alexandrium responsable de la toxicité à effet paralysant (PSP),

  • Pseudo-nitzschia responsable de la toxicité à effet amnésiant (ASP).

Des efflorescences à Pseudo-nitzschia et Dinophysis (resp. jusqu'à 105 cel/L et 103 cel/L) sont régulièrement observées mais aucun dépassement des seuils de toxicité n'a été observé sur les coquillages de l'étang de Thau (Ifremer, 2004).

Pour la première fois à Thau en 1998, Alexandrium catenella s'est développé à des abondances suffisantes pour rendre impropres à la consommation différentes espèces de coquillages (moules, palourdes et huîtres creuses). Des dépassements du seuil de toxicité PSP (80 µg éq. STX/100g de chair) ont été à nouveau observés en automne 2001 et 2003 (figure 32). Des efflorescences d'Alexandrium ont pu être observées au printemps et en été (10 à 105 cel/L) mais les épisodes de toxicité ne sont survenus que lors des blooms de l'automne (jusqu'à 6.106 cel/L) (Ifremer, 2004)

Évolution du nombre de cellules d’Alexandrium dans l’eau et de la teneur en équivalent de saxitoxine dans les huîtres et les moules au point Bouzigues lors du bloom de l’automne 2003.

On notera sur cette figure que la toxicité dans les moules est supérieure (a dépassé 500 µg éq. STX/100g de chair) à celle des huîtres (a dépassé 300 80 µg éq. STX/100g de chair) ce qui a été également constaté lors des épisodes de bloom de 1998 et de 2001.

On relève d’autre part une augmentation de la toxicité dans les huîtres entre 1998, 2001 et 2003 ce qui peut laisser penser qu’Alexandrium qui s’est installé dans la lagune de Thau présente des blooms de plus en plus puissants.

Les observations menées depuis 2002 dans le cadre d’un programme de recherche sur le déterminisme d’Alexandrium montrent que la Crique de l’Angle, située à l'exutoire de la Vène, est le principal point de départ important des efflorescences d’Alexandrium. Cette zone présente des particularités du fait de son relatif confinement et des apports du bassin versant. Elle reçoit en effet les effluents de trois stations de lagunage et d'une station d’épuration, ainsi que des rejets liés aux activités de thermalisme et d’élevage de poissons (Figure suivante)

La Crique de l’Angle, point de départ des blooms d’Alexandrium Distribution des points d’échantillonnage et de suivi des blooms et identification des points d’apports (Plag, Pv, Ppont, Pt, Pc).

D'autre part et dans le cadre du projet européen DITTY a été lancé une étude par modélisation des dynamiques spatio-temporelles des masses d'eau de la lagune soumises à épisodes de contamination. Pour un scénario concernant les contaminations des bivalves filtreurs par Alexandrium des lâchers de particules seront effectués dans différents cas de figure relatifs à des conditions météorologiques connues et représentatives d'épisodes de blooms comme vis à vis de conditions réalistes mais différentes des précédentes.

[1] éq. STX : équivalent saxitoxine, neurotoxine paralysante.