Le premier contrat d’étang 1990-1995

Suite à la soudaine dégradation du fragile équilibre de l’écosystème de la lagune, les pouvoirs publics, dans l’intérêt supérieur de la santé publique (contamination microbiologique des coquillages), ont été amenés à interdire en 1989, pendant un mois et demi, la mise en commercialisation de tout coquillage (pendant la période de fêtes de fin d’année où près de la moitié de la récolte annuelle est normalement écoulée).

Une telle situation, aux conséquences sévères, non seulement pour les conchyliculteurs mais également pour certaines des entreprises qui leur sont liées dans le bassin d’emploi, a entraîné la décision, en accord avec les représentants de la profession et les élus locaux, de mise en œuvre d’un plan d’urgence.

Au-delà des mesures financières d’indemnisation et d’allègement des charges en faveur des producteurs, rendues très rapidement effectives, il a été convenu que serait engagé un programme de lutte contre les pollutions afin d’en prévenir tout renouvellement et de remédier aux causes premières susceptibles de les avoir provoquées.

Ce programme a donc eu pour objectif majeur d’améliorer la qualité du milieu récepteur et d’assurer, en conséquence, la pérennité des exploitations conchylicoles.

La démarche retenue a consisté à établir un diagnostic de l’origine des facteurs de déséquilibre, à hiérarchiser leur importance et à arrêter les réponses à y apporter.

Le contrat a été signé entre l’Etat (représenté par le Préfet de la région Languedoc-Roussillon, Préfet de l’Hérault), la Région Languedoc Roussillon, le Département de l’Hérault, l’ Agence de l’eau du Bassin Rhône Méditerranée Corse,  les maires des communes du bassin versant, la Section Régionale du Comité Interprofessionnel de la conchyliculture Languedoc-Roussillon, et la Fédération Départementale des Caves Coopératives de l’Hérault.

Ce premier contrat pour l’étang de Thau a été divisé en 3 volets :

  • volet A : Etudes et recherches :

Une connaissance précise de l’écosystème de l’étang de Thau étant indispensable, des études complémentaires ont porté sur :

  • les apports du bassin versant

  • les échanges eau/sédiment

  • les échanges entre la mer et l’ étang

  • et une surveillance technique et scientifique de l’étang seront réalisées.

  • volet B : Amélioration de la qualité des eaux :

Les objectifs retenus par les signataires du présent contrat sont :

  • traiter l’ensemble des effluents des collectivités territoriales du bassin versant

  • traiter les déchets de détroquage des coquillages (épibiontes, algues,…)

  • curer les cours d’eau et les bassins de rétention des eaux pluviales,

  • traiter les eaux résiduaires des établissements industriels (caves coopératives... ,).

  • volet C : Modernisation de la filière conchylicole :

La modernisation de la filière conchylicole a fait l’objet de réflexions qui doivent se poursuivre notamment à travers le plan sectoriel de commercialisation des produits de la mer, et compte tenu des directives de l’Union Européenne.

Des mesures d’urgence concernant les travaux collectifs d’aménagement des zones conchylicoles, les ouvrages hydrauliques tels que prises d’eau de l’étang, les réseaux d’amenée ou d’évacuation, de distribution et de reprise, et la modernisation proprement dite des bâtiments de production et d’expédition des coquillages ont été identifiées.

L’effort financier global pour ce contrat a été de 236 M.F. (36 M€)