| La climatologie de l'été 2006 se caractérise par une période de vents faibles et de très fortes températures dès mi juin. Or on sait que les écosystèmes semi fermés méditerranéens (les lagunes côtières) sont très sensibles à toute évolution climatique comme à tout changement au niveau des pressions environnementales qui peuvent s'exercer directement sur elles mêmes ou sur leurs bassins versants. En particulier, en cas de météorologie caractérisée par de fortes chaleurs et des périodes sans vent, ces systèmes côtiers sont susceptibles d'être perturbés. Ces perturbations s'expliquent en raison de la déperdition d'oxygène de leurs eaux sous l'effet combiné des accroissement de température, du manque d'agitation et de réo-xygénation liée au vent et de la demande en oxygène relative au développement de la flore (phytoplancton, algues, herbiers...) ou de la faune (tuniciers, mollusques, poissons...). Les écosystèmes évoluent alors vers des situations de "stress biologique" (les végétaux et animaux souffrant de niveaux d'oxygène très faibles) et au delà vers des situations d'"hypoxies" (vulnérabilité et mortalité des différentes espèces compte tenu de niveaux d'oxygène trop faibles). Dans les cas ultimes ces situations évoluent vers des "anoxies" ou des "malaïgues" (mauvaises eaux en Occitan) qui présentent alors des mortalités massives de flore et de faune. Ces anoxies se caractérisent en outre par la mise en place et le développement de bactéries anaérobies dégradant la matière organique morte et produisant des sulfures. Compte tenu du risque de crise anoxique ou de "malaïgue" et des risques basés sur une connaissance historique de ce type de phénomène, une surveillance des paramètres hydrologiques de la lagune de Thau a été mise en place par le Laboratoire IFREMER Environnement Ressources de Sète. Un ensemble de mesures de température, salinité, saturation en oxygène en surface (-1m), à mi-fond et au fond ainsi que des conditions de vent est systématiquement acquis en des points caractéristiques qui, le cas échéant, sont complétés en terme de couverture. Les résultats acquis font l'objet de bulletins régulièrement transmis à la Préfecture, aux Affaires Maritimes, à la Section Régionale Conchylicole, à l'Organisation des Producteurs, au Syndicat Mixte du Bassin de Thau etc..., qui sont également accessibles directement depuis ce site (onglets à gauche, le bulletin le plus récent étant en position haute). Ces bulletins indiquent les niveaux d'oxygène mesurés en surface, demi-fond et fond et sont codés conformément à l'échelle de valeurs suivante.
Cette surveillance vise deux objectifs principaux : - mieux connaître et mieux comprendre au plan spatio-temporel l'évolution des paramètres relatifs au phénomène afin de pouvoir les modéliser et mettre en place des systèmes d'anticipation, - mieux conseiller et mieux prévenir et avertir les professionnels, notamment vis à vis de la sauvegarde des cheptels conchylicoles qu'ils gèrent (déplacement de cheptel vers des zones préservées en mer ou en lagune, élimination de cordes ou zones d'élevage en mortalité effective...), en leur fournissant en temps quasi réel des éléments de connaissance de l'état et de l'évolution du milieu. REMARQUE : Lors d'un phénomène d'hypoxie ou d'un risque d'anoxie tel que nous le connaissons actuellement le coquillage n'est pas contaminé. Le risque est qu'il meure par asphyxie faute d'oxygène dans son milieu. Une partie de l'étang étant toujours préservée, des huîtres et des moules de Thau, toujours vivantes puisqu'elles n'ont pas été touchées par le phénomène, sont donc disponibles sur le marché. |
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