Un modèle de l’oxygène, de la matière organique et des sulfures (A.Chapelle, DEL/EC) a été couplé au modèle hydrodynamique 3D de 400 mètres de maille. il a permis :

  • de simuler la propagation et l’arrêt des crises anoxiques dans la lagune en fonction de la météo et des zone foyers de départ de l’anoxie

  • de tester différentes propositions d’aménagements visant à limiter l’impact de ces crises anoxiques

Application du modèle à la simulation de la malaïgue de 1997

Figure 1 : comparaison à trois date entre l'extension de la malaïgue de 1997 (à gauche) et la modélisation de cette extension (à droite)

Ce modèle montre l’importance du vent et de l’abattement du courant par les structures conchylicoles dans la propagation de la crise. Il souligne également l’importance des foyers de départ de la malaïgue et du niveau d’eutrophisation du milieu, ainsi que la position des zones conchylicoles par rapport à ces foyers de départ.

Première proposition d'aménagement : simulation de l'extension de la malaïgue après modification de la répartition des tables (travail réalisé en association avec le Laboratoire DRV/RA/LCM)

Les pertes massives d’huîtres dans le bassin de Thau proviennent d’une anoxie de bord qui se propage ensuite vers les zones conchylicoles. Ce phénomène de propagation pourrait être réduit en créant une "zone pare-feu" en élargissant la zone comprise entre les tables et les bords du bassin. Ce recul des zones conchylicoles devrait en outre être accompagné du retrait de toutes les structures " sauvages " non répertoriées sur le cadastre (tables de retrempage, tables antérieures au remembrement, portiques de bois etc) qui constituent autant de relais pour l’anoxie entre les bords et les tables conchylicoles.

Les deux figures 2 et 3 ci dessous permettent de comparer l'effet de la création de cette "zone pare-feu"

Figure 2 : simulation de la malaïgue de 1987 (pourcentage d'écart à la saturation) avec les tables en place 

Figure 3 : simulation de la malaïgue de 1987 (pourcentage d'écart à la saturation) après décalage des tables d’une ligne vers le large 

Deuxième proposition d'aménagement : réduction des densités en élevage (travail réalisé en association avec le Laboratoire DRV/RA/LCM)

D’une manière générale, tout confinement est un facteur favorable pour la naissance et l’extension des anoxie, ainsi les fortes densités d’élevage peuvent être un facteur aggravant. En effet, les cordes suspendues forment de véritables rideaux qui diminuent la pénétration de l’eau au sein des tables et une charge excessive à ce niveau est certainement préjudiciable.

La figure 4 ci dessous représente l'extension de la malaïgue dans le cas d'une division par 2 des densités de bivalves en élevage.

Figure 4 : simulation de la malaïgue de 1987 (pourcentage d'écart à la saturation) après division par 2 des densité de bivalves en élevage, comparer à la figure 2.