Réseau Hydrologique Littoral Normand

Objectifs

Le Réseau Hydrologique Littoral Normand a été initié en septembre 2000 suite à une demande de la DIREN Basse Normandie pour évaluer l'état d'eutrophisation des eaux côtières et estuariennes de Basse Normandie, dans le contexte du 2ème réexamen par la Commission Européenne de la délimitation des zones vulnérables (Directive Nitrates).

La même année, la Directive Cadre sur l'Eau (DCE, Directive UE 2000/60/CE) de l'Union Européenne a imposé aux Etats membres de lancer des programmes de reconquête de la qualité de leurs eaux littorales à l'horizon 2015, ce qui implique de disposer de réseaux de suivi hydrologique.

Le RHLN a donc été étendu à partir de 2002, afin de répondre au double objectif de respect des exigences de la DCE et de suivi des niveaux d’enrichissement en sels nutritifs des eaux littorales de Normandie, et des effets induits sur les peuplements phytoplanctoniques.

Ce réseau est aujourd’hui mené par le LERN (maître d’ouvrage) en partenariat avec l'Agence de l'Eau Seine-Normandie/DEPEE, le Conseil Régional de Basse Normandie, le conseil Général de la Manche/SMEL et différents services de l’Etat (Diren, CQEL 50, 14 et 76, Marine nationale et LASEM).

Afin de minimiser les coûts, ce réseau intègre les données produites par le réseau de surveillance national Réphy, ainsi que celles du programme couleur de l'eau (images satellites de la répartition spatiale de la chlorophylle).

 

Prélèvements

La DCE distingue différents types de suivi, en fonction de l’état actuel des masses d’eau, ainsi que de leur potentiel à recouvrer un bon état écologique ou non à l’horizon 2015.

Ainsi, 12 points du RHLN s’inscrivent dans le cadre du « contrôle de surveillance », contrôle qui, selon la définition donnée par la DCE, doit fournir une image la plus représentative possible de la qualité globale des eaux du District Seine Normandie (Cf. carte).

4 points font l’objet d’un « contrôle opérationnel », du fait du « risque de non atteinte du bon état écologique » avant 2015.

2 points, sur lesquels nous manquons de données pour pouvoir statuer quant à l’état écologique, font l’objet d’un « contrôle d’enquête » (qui durera jusqu’en 2010).

Enfin, du fait de l’importance des activités conchylicoles ou de pêche des coquillages dans certains secteurs, 7 points supplémentaires de « suivi régional » ont également été retenus, 6 en Basse Normandie et 1 en Haute Normandie.

25 points répartis dans 18 masses d’eau sont donc ainsi suivis en Normandie. Quel que soit le type de contrôle retenu, le RHLN a opté pour des suivis identiques. Les prélèvements sont partout mensuels, et les analyses portent sur la température, la salinité, la turbidité, les sels nutritifs (NH4+, Si(OH)4-, PO43-, NO3-+NO2), l’oxygène dissous, la chlorophylle a et les phéopigments. Des flores phytoplanctoniques sont également réalisées.

Les paramètres physiques (température, salinité, turbidité) et l'oxygène sont mesurés in-situ à l'aide de sondes multiparamètres.

 

La chlorophylle et les phéopigments sont mesurés par spectrophotométrie. Les paramètres chimiques sont analysés sur un autoanalyseur Technicon III. Les lectures de flores phytoplanctoniques sont effectuées à l'aide de deux microscopes inversés.

Résultats

La DCE a établi une grille d’évaluation de la qualité des eaux littorales qui repose sur 4 indicateurs (dont les 2 premiers ont été proposés par le RHLN) et distingue 5 classes de qualité.

les données obtenues depuis septembre 2000 peuvent donc être synthétisée de la manière suivante :

Synthèse des évaluations de qualité obtenues au moyen des 4 indicateurs "DCE phytoplancton". Seuls les résultats les plus déclassants sont pris en compte pour l'établissement du classement final (dernière colonne).

Il apparaît que la zone comprise entre l'embouchure de l'Orne et l’estuaire de Seine est extrêmement productive (maximum de chlorophylle de l'ordre de 70 à 80 µg/l) et peut être considérée comme étant le siège de phénomènes d'eutrophisation. Il faut cependant noter qu'aucune anoxie n'a été enregistrée sur cette zone, pas plus que des mortalités de poissons, crustacés ou coquillages, vraisemblablement du fait de l'intensité de l'hydrodynamisme local.

La situation des masses d'eaux côtières du Cotentin est bonne à très bonne, alors qu’elle est moyenne en baie des Veys, et redevient bonne le long des côtes de Seine Maritime, à partir de l’est du cap d’Antifer.

Publications

Les suivis du RHLN ont fait l’objet de 6 rapports consultables et téléchargeables ci dessous :

Rapport 2007
Volume 1
Rapport 2007
Volume 2
Rapport 2007
Volume 3
Rapport 2001-2003 Rapport 2005
Rapport 2006