L’Ifremer est chargé d’animer le réseau national de contrôle microbiologique des zones de production de coquillages, le REMI .

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En Haute et Basse Normandie, ce sont ainsi 35 zones de production qui sont suivies avec parfois plusieurs points de prélèvements dans une même zone.

Le REMI comprend un dispositif de surveillance régulière et un dispositif d’alerte. La surveillance se fait avec une fréquence qui peut être mensuelle, bimestrielle ou trimestrielle en fonction du niveau de contamination et de la stabilité des zones.

Les zones de production sont soit des zones de parcs ostréicoles ou mytilicoles, soit des gisements naturels exploités professionnellement par des pêcheurs embarqués ou à pied.

 

Parcs ostréicoles de la Tocquaise
(Photo Ifremer/LERN)

Il est à noter qu’avec des productions annuelles de l’ordre de 40 000 tonnes de moules et de 30 000 tonnes d'huîtres, la région de Basse Normandie est aujourd’hui la première zone productrice de France.

 

 

Moulières de Port en Bessin
 
(Photo Ifremer/LERN)

Les analyses portent sur la recherche d’Escherichia coli dans la chair et le liquide intervalvaire qui est l'indicateur de contamination fécale.

Les 2 analyseurs utilisés pour le dénombrement des Escherichia coli dans les coquillages par la technique indirecte par impédancemétrie directe (Norme NF V08-106)

 

 

Photo Ifremer/LERN

Les résultats du REMI sont, entre autre, utilisés par les Préfets de départements pour prendre des décisions :

  • de classements sanitaires des zones de production conchylicoles,

  • des "fermetures" ou des déclassements momentanés de zones de production en cas de contaminations ponctuelles importantes.

Le classement sanitaire des zones de production conchylicole

Les Préfets de départements classent par arrêtés les zones de productions conchylicoles en quatre classes de qualité sanitaire, de A à D (voir grille de classement ci-dessous), en distinguant :
les bivalves fouisseurs, comme les coques, les palourdes…      
les bivalves non fouisseurs, comme les huîtres ou les moules       
les gastéropodes, comme les bulots

Les contaminations des coquillages par le plomb, le cadmium et le mercure sont également prises en compte pour l’établissement des classements de zones.

Les zones classées A sont réputées salubres, et la mise sur le marché des coquillages de pêche ou d’élevage est autorisée sans purification préalable. Dans les zones B, de moins bonne qualité microbiologique, une purification des coquillages par immersion dans des bassins de traitements appropriés est nécessaire avant mise en vente. Les coquillages provenant de zones C doivent préalablement être reparqués dans une zone A prévue à cet effet pendant une longue durée (reparcage associé ou non à une purification) ou être expédiés aux conserveries (traitement thermique). Enfin, l'exploitation ou la vente des coquillages de zones D sont interdites.

Grille de classement : critères microbiologiques permettant la détermination de la qualité sanitaire des zones de production de mollusques
(depuis l’arrêté interministériel du 21 mai 1999)

En Haute et Basse Normandie, depuis le début de l’année 2004, on dénombre 12 zones classées A, 20 classées B, 2 classées C et 2 classées D. Les cartes ci-dessous nous montrent très clairement que ce sont les zones d’estuaire et les fonds de havres qui sont les plus mal classés. Ce constat semble logique puisque ces zones reçoivent directement les eaux polluées par des microorganismes entériques (bactéries, virus, parasites) en provenance des bassins versants. Les contaminations proviennent soit des systèmes d’assainissement domestiques ou urbains, soit du lessivage des terres agricoles, et notamment des zones d’épandage de déjections animales (lisiers, fumiers,…).
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Les "fermetures" ponctuelles, ou les déclassements momentanés des zones de production conchylicoles.

Le dispositif d’alerte est déclenché lorsque les normes définissant les classes de qualité sont dépassées, lorsque les risques de contamination (rejets polluants, orage…) sont importants, ou en cas d’épidémie chez les consommateurs.

Pour chaque classe de qualité, des valeurs seuils de déclenchement d’alerte ont été définies :

  • 1000 E. Coli par 100ml de Chair et de Liquide Intervalvaire (CLI) pour les zones classées A,

  • 4600 E. Coli/100ml CLI pour les zones B,

  • 46 000 E. Coli/100ml CLI pour les zones C.

En cas de dépassement de ces valeurs seuils, le réseau REMI est donc mis en alerte, et le Préfet de département peut prendre un arrêté soit pour un déclassement momentané de la zone, soit pour la fermeture de cette zone, i.e. l’interdiction de pêche, de ramassage et de mise sur le marché des coquillages de la zone.

Le reclassement de la zone, ou la levée de la fermeture, n’interviennent que lorsque les coquillages ont retrouvé leur qualité sanitaire d’origine.

Consulter ou télécharger les résultats obtenus dans le cadre du REMI en Normandie en 2003 : http://www.ifremer.fr/envlit/region/reg02hbnorman/

Inventaire cartographique des points de suivi REMI et des zones classées http://www.ifremer.fr/envlit/documentation/documents.htm#micro