Le REPAMO, pour "REseau PAthologie des Mollusques", est un réseau national de l’Ifremer dont l’objet est de suivre l'état de santé des peuplements de mollusques sur les gisements naturels ou dans les zones de production conchylicole, et ce, en application des directives européennes 91/67 et 95/70 qui visent à limiter les transferts d'agents infectieux entre différents secteurs de production.

La législation comporte plusieurs aspects :

  • Surveillance des agents pathogènes déclarables déjà détectés dans les eaux nationales comme Marteilia et Bonamia,

  • Vigilance vis-à-vis des autres parasites potentiels :

   . surveillance de base des populations de mollusques (en élevage ou sauvages),
   . enquêtes et analyses en cas de mortalité anormale.

  • Contrôle des échanges intra européens ou avec des pays tiers.

Les analyses et identifications des pathogènes sont réalisées au laboratoire de génétique et Pathologie de l’Ifremer de la Tremblade qui est à la fois le Laboratoire Communautaire de Référence pour l'Europe, le Laboratoire National de Référence, et Laboratoire de Référence de l'Office International des Epizooties.

Le LERN, comme les autres laboratoires côtiers, est chargé du contact auprès de la profession et de l'Administration, de la collecte d’informations lors d’épisodes de mortalité, de la réalisation de prélèvements, soit en routine, soit en alerte (mortalités " anormales "), puis de l’expédition des échantillons au laboratoire de la Tremblade.

Prélèvement de nuit
(Ifremer/LERN)

 

En 2003, les prélèvements de routine (surveillance) ont été limités au gisement d’huîtres plates (Ostrea edulis) de Granville. Ce suivi est obligatoire pour le classement de cette zone de production (Directives UE précitées). Les 2 lots de 150 huîtres prélevées en juin et novembre ont confirmé l’absence de Bonamia sur le gisement. D’autres prélèvements, également d’huîtres plates, ont été réalisés sur la concession expérimentale de l’association " éducation formation " de Veules les Roses (Seine Maritime), et ont confirmé le caractère indemne de ce secteur de production.

En ce qui concerne les alertes (actions développées dans le cadre de mortalités " anormales "), très peu de mortalités estivales d’huîtres creuses (crassostrea gigas) ont été enregistrées en 2003. Un épisode de mortalité s’est déclenché en septembre sur la zone d’Utah Beach, et les prélèvements réalisés (coordination DDAM avec assistance terrain LERN) n’ont pas permis de mettre en évidence la présence de pathogène. Des mortalités de coques (Cerastoderma edule) ont également été enregistrées sur la pointe de Brévands (baie des Veys), comme chaque année au moment des fortes chaleurs. Les analyses n’ont rien révélé d’anormal du point de vue zoopathologique. Enfin, un constat de mortalité importante de Lutraires elliptiques (Lutraria lutraria) a été dressé sur le sud d’Utah Beach (secteur dit de Beauguillot), sans, là encore, que des pathogènes aient pu être identifiés.