| Le REPHY (pour Réseau de suivi du PHYtoplancton et des phycotoxines), dont lune des vocations est la protection de la santé publique face au risque de contamination des coquillages par certaines espèces de phytoplancton toxique, est un des réseaux nationaux de suivi animé par l'Ifremer, mis en place en 1985. Ce réseau repose sur une double stratégie de suivi :
Il faut en effet savoir que les coquillages, en filtrant leau de mer pour se nourrir du phytoplancton quelle contient, peuvent, en cas de développement despèces phytoplanctoniques toxiques, accumuler et concentrer les toxines, et ainsi devenir impropres à la consommation humaine. En Normandie, et jusquà présent, la principale espèce de phytoplancton toxique est le Dinophysis (famille des dinoflagellés, photo ci-contre) et, par contamination, notamment des moules, peut être à lorigine dintoxications gastro-intestinales. Ces toxines sont connues sous la dénomination DSP de Diarrheic Shellfish Poisoning.
5 points de prélèvement deau sont donc échantillonnés tous les 15 jours de novembre à avril, période de faible développement du phytoplancton. Ce suivi dans leau est renforcé de mai à octobre, puisque le nombre de points suivis est plus que doublé et que les prélèvements deviennent hebdomadaires sur certains de ces points. Parallèlement, de mai à octobre également, dès quapparaissent les premières cellules de Dinophysis, des prélèvements de coquillages sont réalisés dans les secteurs concernés afin dy mener des tests de toxicité. 35 points de prélèvement de coquillages sont répartis tout au long du littoral à cet effet.
Evaporateur
rotatif de toxine
Le recul acquis depuis 1985 nous montre que, pour la Normandie, cest la zone "Antifer/Cap de la Hève", dans le Nord Est de la baie de Seine, qui connaît les développements les plus importants de Dinophysis, et où les tests de toxicité sont le plus souvent positifs, ce qui entraîne des arrêtés préfectoraux dinterdiction de la pêche, du ramassage et de la vente des coquillages pratiquement chaque année. La durée moyenne de ces "fermetures de zones" est de lordre de 2 mois et demi, le plus souvent entre août et octobre/novembre. De part et dautre de cette zone (entre Yport et Antifer dans le Nord Est, et de Villerville à Ouistreham dans lOuest), on constate également chaque année le développement du Dinophysis, mais le plus souvent en quantités inférieures, et, de ce fait, les fermetures de zones y sont plus rares. Dans lOuest de la baie de Seine, hormis en 1984 où une fermeture du banc de Barfleur (banc naturel de moules exploité par des pêcheurs professionnels) avait été arrêtée, le long de la côte ouest du Cotentin, et dans lest du département de Seine Maritime, le développement du Dinophysis est en général très limité. Il est cependant à noter quen 2003, la période de fermeture a été exceptionnellement longue sur Antifer (14 semaines). Durant lété, les côtes du Calvados ont elles aussi été touchées, la pêche et la commercialisation des coquillages filtreurs et fouisseurs ayant été interdites entre lestuaire de Seine et la pointe de Tracy sur mer. En outre, depuis janvier 2003, une surveillance spécifique des coquilles St Jacques a été mise en uvre par lIfremer, à la demande de la Direction des Pêches Maritimes et de lAquaculture (DPMA du Ministère de l'Agriculture et de la Pêche). La recherche des toxines diarrhéiques (DSP), des toxines paralysantes (PSP) et des toxines amnésiantes (ASP) est réalisée de façon systématique pendant la période de pêche des coquilles Saint Jacques de la Baie de Seine et de son proche extérieur. Le laboratoire réalise également les tests DSP et PSP sur les coquilles St Jacques de la baie de St Brieuc et les services de la DSV50 sont chargés du suivi des débarquements de pétoncles provenant de la côte ouest et du nord Cotentin (tests ASP, DSP et PSP).
Pêche à la coquille St Jacques
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