Préparation Niveau 1
III/ Niveau 1 - théorie
Niveau 1 - physique
- la pression (relative & absolue)
La pression est une force exercée sur une surface. On peut résumer cette définition par la formule:

P=F/S

Le fait que votre ballon de foot soit tendu suite à gonflage est la conséquence de la pression exercée sur les parois par l'air emprisonné.
L'unité couramment utilisée est le bar. 1 bar correspond à une force de 1kg exercée sur une surface de 1cm². C'est également le poids d'un tube d'eau de 10m de hauteur et de 1cm² de section. La pression au niveau de la mer est de 1 bar. Cela signifie que le poids de l'air est de 1kg/cm².Cette pression diminue quand on monte en altitude. Elle augmente quand on va sous l'eau car, au poids de l'air s'ajoute celui de l'eau qui se trouve au-dessus de vous. On peut résumer ce fait par la formule:

Pression absolue = Pression atmosphérique + Pression de l'eau
ou
PA = Patm + Phydro

On vient de voir que le poids d'une colonne d'eau de 10m dans un tube de 1cm² est de 1kg. La pression exercée par cette colonne est donc de 1kg/cm² soit 1bar. Par extension, la pression exercée par l'eau à 10m est de 1 bar.
Donc PRelative (ou Phydro) à 10m = 1 bar. Nous avons alors

PA= 1bar (Patm) + 1bar (Phydro) soit 2 bars

Question: quelle est la pression exercée par l'eau par 20m de fond et quelle est alors la pression absolue à cette profondeur?

- la loi de Mariotte
La loi de Mariotte dit qu'à température constante, le volume (V) d'un gaz varie en raison inverse de sa pression (P). En fait on utilise la formule simplifiée en plongée:

PV = Cste

Cela signifie tout simplement qu'un gaz ayant un certain volume à la surface de l'eau, verra ce même volume diminuer au fur et à mesure qu'on le descend sous l'eau.
Ainsi, 20 litres d'air à la surface (1 bar) n'occuperont plus que 5 litres à 30 m de profondeur (PA=4b).

Niveau 1 - matériel
- le scaphandre et ses éléments
Le masque
Le masque doit être choisi avec soin. Il doit plaquer parfaitement au visage, sangle peu tendue. Pour vérifier ce fait, mettez le masque sur le visage sans la sangle et inspirez légèrement. Si le masque tient tout seul, il y a de bonnes chances qu'il soit à votre taille. Veillez à ce que la jupe du masque soit bien souple et suffisamment large pour assurer une étanchéité de tout instant. Pour ma part, j'ai opté pour un masque à jupe en silicone, c'est très doux et très souple. Néanmoins certaines peaux sont allergiques au silicone, optez alors pour le caoutchouc. Le volume intérieur du masque ne doit pas être trop important. Mais souvent plus le champ de vision est large, plus le volume est important. Dans ce cas, Il faut trouver un compromis surtout si ce même masque vous servira également à faire de l'apnée. Et pour ceux qui, comme moi, ont des problèmes de vue, il existe, à prix raisonnable, des verres correcteurs pour masques de plongée. C'est un investissement à envisager sérieusement quand on plonge régulièrement.

Le tuba
Le tuba est cet engin qui vous permet de respirer en surface. En plongée, on le laisse sanglé contre le masque, ou on l'accroche à la sangle du couteau. On peut en trouver avec embout flexible et/ou soupape de purge, droits ou courbés. L'important est que votre tuba ne vous blesse pas les gencives et que son diamètre soit suffisant pour respirer sans peine. Les clapets et autres boules de ping pong sont à proscrire, de même que les ensembles masque-tuba emboîtés.

Les palmes
Les palmes.... On en voit de toutes les couleurs, de toutes tailles. Les vôtres doivent être adaptées à votre physiologie et musculature. Plus elles seront longues et rigides, plus elles seront fatigantes quoique puissantes. Elles peuvent être chaussantes ou réglables. Elles doivent, en tous cas, être confortables et adaptées à votre pointure (incluant vos chaussons isothermes). Attention! une paire mal choisie peut vous blesser rapidement le pied. Je peux difficilement vous donner d'autres conseils puisque les critères de choix sont éminemment personnels. Tout ce que je peux dire, c'est que j'ai une paire de chaussantes simples pour l'entraînement en piscine, et une paire de réglables à tuyères courtes et rigides pour la plongée. Réglables pour rentrer ou sortir facilement le pied; ça n'a l'air de rien mais avec 30 kg de matériel sur soi, on apprécie la simplicité. Courtes car je n'aime pas m'emmêler les pinceaux sur un pont de bateau en compagnie d'une vingtaine de congénères également palmés. A tuyères, car je trouve que l'effort est bien réparti sur toute la largeur de la palme et qu'ainsi, elle ne se déforme pas. Rigides enfin, pour répondre immédiatement et fermement à mes sollicitations. Je ne suis donc pas cette mode qui voudrait qu'on porte des palmes de chasse pour tout et n'importe quoi.

Le couteau
Le posséder n'est pas une obligation réglementaire mais sa présence rassure, surtout quand on a le pied pris dans un vestige de filet... Bien que certains le considèrent de toute évidence comme un substitut phallique, ni sa taille, ni sa manipulation ostentatoire ne sont gage d'efficacité. En effet, un bon couteau est avant tout susceptible de bien couper. Peu importe la taille donc, il doit être correctement affûté. D'autre part, vous remarquerez à l'usage que ces petites bêtes résistent mal à la corrosion (La partie où la lame s'emboîte dans le manche est particulièrement sensible à la corrosion). Rincez-le donc à l'eau douce dès votre retour sur la terre ferme. Procurez-vous dans un magasin d'électronique une bombe aérosol de lubrifiant désoxydant spécial contacts. Votre couteau étant bien sec, vous lui donnerez une petite giclée de produit avant de le ranger.

- Le lestage
Un mauvais lestage peut entraîner une fatigue car des efforts supplémentaires et donc une consommation d'air anormale voire un essoufflement.
Un bon lestage consiste au maintien sans effort dans la zone des 3-4 mètres, gilet totalement purgé, uniquement avec l'alternance expiration-inspiration normale.

Niveau 1 - accidents
- L'essoufflement
A terre, l'effort vous oblige à respirer plus vite au point parfois de s'essouffler. Sous l'eau le phénomène est identique sauf qu'il se produit plus vite et souvent plus fort qu'en surface.
En surface, ne vous immergez pas, cela aggraverait votre essoufflement.
Sous l'eau, aux premiers signes, arrêtez de palmer et forcez-vous à expirer. Faites le signe "je suis essoufflé" à votre guide de palanquée et laissez-le faire. Il vous remontera selon les règles et en toute sécurité.
Une bonne prévention serait de palmer lentement, avoir un lestage correct, une combinaison isothermique adaptée au milieu ambiant et éviter les sources de stress.

- Les accidents barotraumatiques et leur prévention:
Oreilles
Quand on descend sous l'eau, la pression exercée sur les tympans s'intensifie, on ressent une gêne qui peut devenir douloureuse si on n'agit pas. Sans attendre, il faut exécuter la manœuvre de Valsalva. Pour cela, il suffit de souffler de l'air dans le nez en prenant le soin de se le pincer avec les doigts. Ceci a pour effet d'augmenter la pression de l'air emprisonné dans l'espace buccal et nasal puis, par les trompes d'Eustache, celle de l'oreille, rééquilibrant ainsi pression extérieure et intérieure. Le tympan reprend alors sa forme normale. La manœuvre doit être faite régulièrement pendant la descente sans forcer. Si elle s'avère inefficace, arrêtez votre descente et signalez au moniteur votre problème.
Ne jamais faire de Valsalva lors de la remontée. Les oreilles s'équilibrent normalement seules à la remontée. Si tel n'était pas le cas, stoppez la remontée, redescendez de quelques mètres puis remontez lentement. Prévenez le moniteur de cet incident quand vous arrivez à la surface.

Placage de masque
Pendant la descente, la pression extérieure devient plus forte que celle régnant dans le masque. La jupe va alors se déformer pour tenter de rééquilibrer les deux pressions, cela jusqu'à sa limite d'élasticité. Au-delà, le masque provoque un phénomène de succion qui provoque notamment des douleurs oculaires. Soufflez donc par le nez dans votre masque lors de la descente pour rééquilibrer les pressions et tout ira bien.

Sinus
Les sinus sont des cavités osseuses se trouvant au-dessus et en dessous des yeux. Ils sont en communication avec la fosse nasale. Normalement les pressions s'équilibrent par ses canaux de communication. Il suffit qu'un seul des canaux soit bouché par des résidus (les crottes de nez pour parler clairement) pour ressentir des douleurs torrides à la descente comme à la remontée. Quand une telle mésaventure vous prend à la descente, rincez-vous la fosse nasale à l'eau de mer. Si ça ne va toujours pas, arrêtez tout et rentrez chez vous regarder la télé et/ou honorer votre ami(e). Quand cela vous prend à la remontée, la situation est plus angoissante puisque vous devez arrêter votre remontée, redescendre un chouilla, vous rincer le nez et recommencer à remonter. Refaites autant de fois que nécessaire ce que je viens de dire tant que vous ne pouvez remonter librement.
Il est évident, après tout ce que je viens d'expliquer, qu'il est inutile de penser aller plonger si vous avez un rhume, une sinusite ou autre rhinite. N'oubliez pas, quoiqu'il en soit, à votre mise à l'eau, de penser à vous rincer systématiquement la fosse nasale à l'eau de mer, masque sur le front et tête renversée. Et que ça gicle!

surpression pulmonaire
Un des accidents de plongée les plus graves et pourtant si simple à éviter. Ne JAMAIS bloquer sa respiration, insister sur l'expiration à la remontée. Ne donnez jamais d'air de votre détendeur à un apnéiste qui passe, ce pourrait devenir un vrai baiser sicilien. Et n'oubliez pas qu'une simple surtension pulmonaire vous condamne ensuite à changer de hobby (le babby foot, c'est pas mal). Car pour vous, la plongée sous-marine, c'est dé-fi-ni-ti-ve-ment proscrit.

Niveau 1 - Réglementation
- Les consignes de sécurité
Conditions préalables à une plongée
Si vous êtes dans un jour sans, restez couché. La fatigue, les affections O.R.L., certains traitements médicamenteux, une gueule de bois doivent vous inciter au farniente plutôt qu'à une plongée.

le temps de plongée
Il débute à l'immersion et s'arrête lorsqu'on décide de remonter.

la courbe de sécurité
Elle représente les temps maxi. De plongée à une profondeur déterminée n'imposant pas d'effectuer des paliers. En voici le tableau (à apprendre par cœur.)

Prof.

12m 15m 20m 25m 30m 35m 40m
temps 135mn 75mn 40mn 20mn 10mn 10mn 5mn

préparatifs et contrôle de l'équipement:
Vérifier la pression de la bouteille
Contrôler le fonctionnement de votre réserve (si vous en possédez une).
Montez puis contrôlez le fonctionnement du détendeur.
Assurez-vous que vous avez votre ceinture de lest et qu'elle est apparente.
Contrôlez le gilet et le direct system.
Contrôlez l'équipement de votre binôme.
Ecoutez les directives du directeur de plongée et/ou de votre moniteur.

mise à l'eau
C'est le chef de palanquée qui descend à l'eau le premier.
Contrôlez votre zone de saut.
Dégagez la zone de saut rapidement après mise à l'eau.

attente surface
Gonflez correctement votre gilet afin de bien rester en surface.
Rejoignez votre guide de palanquée et/ou regroupez-vous avec les autres membres de la palanquée.

plongée - consignes générales
Ne jamais plonger seul.
Bien suivre les instructions du guide palanquée.
Restez groupés avec vos partenaires de palanquée.
Signaler tout événement anormal à votre guide de palanquée.

plongée - conditions de descente
Ne descendez que sur ordre du guide de palanquée.
Restez toujours au-dessus du guide lors de la descente.
Signalez votre passage sur réserve ou montrez votre mano au guide palanquée quand vous atteignez 50 bars.

plongée - conditions de remontée
Restez en dessous de votre guide de palanquée pendant la remontée.
Ne remontez pas plus vite que vos petites bulles (émises à l'expiration).

plongée - perte de palanquée
C'est rare mais ça arrive. Restez où vous êtes et signalez votre présence en tapant sur votre bouteille avec votre couteau (si possible).
Au bout d'une minute, envisagez de remonter (à vitesse préconisée).
Faites votre tour d'horizon avant de crever la surface.
Rejoignez à la nage le bateau et prévenez le directeur de plongée.

plongée - remontée rapide
Vous redescendrez avec votre guide de palanquée à mi-profondeur pendant 5mn. Votre guide de palanquée ensuite vous fera éventuellement faire d'éventuels paliers.

prévention des accidents de surface
N'oubliez pas votre tour d'horizon sous l'eau.
Refaites-en un à la surface.
Sur décision du guide de palanquée, vous reviendrez au bateau en groupe et au tuba.

remontée sur terre ou au bateau
Attendez que l'échelle soit dégagée avant de vous y présenter.
N'attendez pas la sortie de votre guide de palanquée, il sortira en dernier.

L'après plongée
Avertissez votre guide de toute sensation inhabituelle (fatigue, nausées, picotements, envie d'uriner sans y parvenir, etc...)
Ecoutez et participez au briefing donné par votre guide.
Notez les paramètres de votre plongée (profondeur atteinte, temps de plongée, observations remarquables) que vous porterez dans votre carnet de plongée une fois à terre.
Démontez votre détendeur. A terre, vous rincerez votre matériel à l'eau douce.
Pas d'apnée avant 6 heures et pas de montée en altitude (montagne ou avion) avant 12 ou 24 heures.

- La protection de l'environnement
Il est du devoir du plongeur, quel que soit son niveau, de participer à la protection d'un équilibre aussi fragile que celui de l'écosystème sous-marin. Cette participation implique de ne pas palmer en raclant le fond (labourage). Sans vous en rendre compte, vos palmes sont l'ennemi n°1 de la faune et la flore marine. En plongée, regardez bien les palmes de votre collègue de devant pendant quelques minutes et vous comprendrez. N'arrachez ni coraux ni gorgones etc... Regardez, mais ne touchez pas. Savez-vous que certains coraux touchés subrepticement peuvent mourir? Evitez de perturber ou déranger les animaux, en période de reproduction notamment. Bien évidemment, vous ne tuerez aucun animal. Rappelez-vous que vous n'êtes qu'un passager observateur presque clandestin dans un monde qui n'est pas le vôtre, aussi merveilleux soit-il.

- Les prérogatives du Niveau 1
L'acquisition du Niveau 1 ou brevet élémentaire dit BE vous permet d'entamer la préparation du Niveau 2.
Il vous permettra d'effectuer des plongées encadrées dans la zone des 20m par un Niveau 4 minimum.
Il permet l'obtention du brevet de plongeur 1 étoile délivré par la CMAS par équivalence.
La préparation au niveau 1 se fait le plus souvent en club affilié à la FFESSM .L'examen peut être organisé à l'échelon du club en progression continue ou en session fixe.

- Les activités fédérales
La Fédération Française d'Etudes et de Sports sous-marins (FFESSM) est une association régie par la loi de 1901.
Ses membres sont les clubs qui lui sont affiliés.
Outre le Comité Directeur qui la dirige, 14 commissions ont été créées, dont certaines pour animer les différentes activités sportives exercées en son sein.
Ces activités sont la pêche sous-marine et l'apnée, le hockey subaquatique, le tir sur cible, l'orientation, la nage avec palmes, la nage en eaux vives, la plongée souterraine. Cette dernière activité fait l'objet d'un partenariat croisé avec la Fédération Française de Spéléologie.
Les autres commissions concernent les activités découverte telles que archéologie, photo, biologie, ou connexes telles que juridique ou médicale.