... Pierre-Marie Sarradin, chef de mission : Comment installer un observatoire à 1700 mètres de profondeur ?

La première plongée du robot téléguidé Victor6000 nous permettra d’effectuer une reconnaissance détaillée des zones à instrumenter dans le champ hydrothermal Lucky Strike, à plus de 1700 m de profondeur. Les différentes composantes de l’observatoire seront ensuite déployées et mises en place. Ainsi, les deux nœuds d’observation (SEAMON EST et SEAMON OUEST) seront mouillés à partir de la surface et placés par le ROV Victor6000, de part et d’autre du lac de lave.

Des capteurs sismologiques, de pression et de température, des analyseurs chimiques in situ, des courantomètres ainsi que des caméras, adaptés aux contraintes d’un déploiement de longue durée, seront installés, branchés au fond aux nœuds SEAMON (pour Sea Monitoring Node).

Ces deux nœuds transmettront les données des instruments déployés au fond par acoustique à une bouée relais en surface. Cette bouée BOREL enverra ensuite ces données vers le centre d’archivage situé au Centre Ifremer Bretagne via une connexion satellite Iridium.

 

... Yves Aufret, responsable du laboratoire d’électronique à l’Ifremer : Peut-on considérer que le WiFi testé pendant la campagne Momarsat est une première mondiale ?

Concernant le wifi sous-l'eau, voici ce que l'on peut dire sans trop se tromper:

« Transmettre des ondes électromagnétiques sous l'eau, cela a déjà été réalisé. Car si l'on considère la transmission radiofréquence (partie radiofréquence du spectre allant généralement 30KHz à 300Ghz par définition) cela représente une gamme de fréquences très large.

Donc sur cette définition, on trouvera de très nombreuses applications, même si l'on se cantonne au 2.4Ghz on peut dire ceci:

  • Première mondiale: non -> ici
  • Première Européene: non -> exemple de wifi sous l'eau
  • Première Brestoise: non -> si l'on considère les essais wifi en 2.4Ghz d'il y a 2 ans et le projet Syredomy du département LPO de l’Ifremer en 2.4Ghz basé sur du Zigbee.

Par contre si l'on se place dans un contexte opérationnel à 1700 m sous l'eau entre un observatoire et un ROV, je n'ai rien trouvé de probant sur Internet.

En conclusion, sur les essais de Momarsat, nous pouvons dire sans trop s’avancer que le matériel utilisé est le premier connecteur radiofréquence opérationnel, sans contact et connectable/déconnectable sous l'eau, permettant de transmettre de la vidéo HD ou tout autre type de données jusqu'à plus de 50Mbits/s (5 fois plus rapide que le débit moyen de l'ADSL) entre un observatoire fond et un ROV... en quelque sorte le wifi sous la mer...

Bon courage pour la suite et encore bravo! »