|
| |
Génétique
Un septième facteur de risque : le patrimoine génétique de l'huître
|
Des travaux réalisés
à petite échelle par le SMIDAP et par la SATMAR de 1995 à 2000 laissaient présumer
que des huîtres issues de certains croisements présentaient des survies différentes.
|
Expérimentations
|
Des croisements
bi-parentaux (entre deux huîtres) à grande échelle ont été réalisés
en 2001 pour valider ces premières observations, un mâle fécondant
trois femelles. 45 familles ont ainsi été réalisées et disposées sur
les trois sites ateliers de Marennes, rivière dAuray et baie des Veys.
On observe en effet :
|
|
- que certaines familles résistent mieux que d'autres aux mortalités estivales quelque soit le site d'élevage
- que, par contre, les familles sensibles de juvéniles meurent moins en baie des Veys. Il y a donc un effet site en
plus de l'effet familial.
|
|
|
|
|
Une nouvelle génération a
été produite en 2002 en croisant les huîtres résistantes "R"
entre elles et les huîtres sensibles "S" entre elles (génération
divergente). Les juvéniles obtenus ont montré des taux de mortalités en
adéquation avec les résultats de leurs parents : les sensibles
(graphe du milieu : rouges) et résistantes (bleues) sont de part et
dautre des témoins naturels (en vert et en jaune). En 2002 les triploïdes
sont comme les résistantes
|
|
En 2003, la même
opération a été répétée par croisement de lignées consanguines
"R" ou "S". Les résultats de classement vis à vis de
mortalité sont les mêmes. Par contre, les triploïdes ont des taux de
mortalités proches de ceux des témoins 2N.
Les estimations
de la croissance montrent aucune différence significative entre ces lots,
ce qui est très important pour la sélection.
|
|
|
Propriétés biologiques des huîtres "R" et
"S" :
|
Une stratégie de reproduction différente
|
|
|
|
En 2002, un lot dhuîtres
des mêmes familles "R" et "S" (TOP et FLOP) testées
en première année (juvéniles) a été préservé de toute mortalité à
Bouin. Elles sont disposées lannée suivante à 18 mois en rivière
dAuray. On observe une stratégie de reproduction très différente :
les huîtres les plus sensibles ne pondent pas cette année là,
contrairement aux huîtres les plus résistantes. Par contre elles meurent
plus que les huîtres les plus résistantes
|
|
|
|
Une gestion énergétique différente
|
|
|
|
|
Les huîtres sensibles ont un bilan
énergétique plus négatif que les huîtres résistantes au fort niveau de
nourriture (CN3S). Il semble que cette différence traduise une plus grande
consommation doxygène des huîtres "S" dans ces conditions.
Par contre cette expérience montre
que la différence de sensibilité entre "R" et "S" soit
plus marquée en milieu pauvre quen milieu riche. Leffet génétique
favorable pourrait être masqué quand la nourriture est abondante.
|
|
|
|
|
|
Une différence de réponse au stress
|
|
|
|
Si les huîtres
"R" et "S" sont soumises dès la taille de 10 mm et
quand la température dépasse les
19°C
à un stress par simple déplacement, on observe une mortalité différente
des souches "R" et "S" par rapport au témoin naturel.
Les
études en cours semblent montrer quà cette taille, une première
maturation se produit en sortie de la nurserie de Bouin, ce qui mettrait ces
juvéniles en phase de risque.
Ce résultat est très intéressant car il peut constituer une méthode de
caractérisation précoce des huîtres sensibles à la taille minimum de 10
mm.
|
|
|
|
Ces
croisements permettent de dire que le caractère de résistance ou de
sensibilité à la mortalité estivale comporte bien une part génétique.
Par ailleurs, ce caractère est transmis à la génération suivante avec
une forte héritabilité, ce qui permet denvisager un plan de sélection
viable, sans effet négatif sur le caractère croissance
|
|