Réduire les risques associés au stress



Le stress est un élément indispensable dans le phénomène des mortalités estivales.

Le plus clairement établi est celui associé à la proximité du sédiment.


Mortalités journalières des huîtres de moins d’un an à Marennes (captage naturel ou naissain d’écloserie, triploïdes) placées à 15 ou 70 cm du sédiment (rappel 2002)


  • Réduire le risque associé au sédiment

    • Réviser le niveau des tables (70cm) quand le profil du fond se modifie avec le temps


    • Eviter les endroits vaseux et riches en matière organique


    • Culture suspendue : une autre méthode de culture comme celle des élevages suspendus en filières (long lines) est efficace du fait de l’éloignement du sédiment. 

      Des essais concluants à grande échelle ont été réalisés par le CREAA

      Côté survie : si les juvéniles sont élevés en filière en première année puis sur parc en seconde année (cycle mixte), ils sont préservés en grande partie des mortalités.

      Le cycle complet sur filière augmente encore la survie des huîtres 2n. Ces méthodes qui sont développées au Japon, en Corée, en Chine, en Nouvelle Zélande et à Thau paraissent permettre d’éviter les mortalités estivales, telles que définies par le modèle d’interaction.

      Attention, elles ne préviennent pas les épisodes de mortalités de type eutrophisation décrits au Japon (quand le milieu devient déprimé en oxygène par excès de matière organique et forte température). Ce qui est le cas lors des « malaïgues » dans l’étang de Thau.

Survie lors des essais du CREAA  Marennes-Oléron : 


Les lots sont tous élevés sur parc en deuxième année.



      Côté croissance : Un effet également négatif du sédiment a été observé sur la croissance des lots proches du sédiment. Le recours à la filière pour un pré-grossissement en 1ère année et une finition sur parcs de pousse en deuxième (cycle mixte) donne des huîtres supérieures à 80 g dèss la fin du 2ème été soit en 18 mois.
      Dans le cadre d’une stratégie basée sur le naissain naturel (grattis), le recours à la filière en cycle mixte permet aussi d’obtenir des huîtres vendables dés le 2ème automne (>70g en moyenne). A la suppression de l’effet du sédiment s’ajoutent sans doute que les richesses nutritives du site disponibles en permanence pour des huîtres continuellement immergées expliquent ces performances. L’immobilisation des structures d’élevage utilisées sur la filière est alors de 10 mois et permet d’envisager des rotations rapides. Le gain de temps est d’une année par rapport au cycle des triploïdes sur parcs et de deux années en ce qui concerne le naissain naturel élevé traditionnellement.
      Afin de profiter pleinement de la productivité printanière, une mise à l’eau précoce en avril plutôt qu’en juin conduit à une croissance encore supérieure : les huîtres triploïdes peuvent peser plus de 70 g et les diploïdes plus de 50 g dés la fin de la 1ère année. L’élevage complet en élevage suspendu depuis la jeune huître jusqu’à la taille commerciale a été étudié. Il produit des animaux de 80g en 10 à 12 mois pour les triploïdes avec un indice de chair de type « spéciale » et en 14 mois pour les diploïdes. Cependant, la stratégie de pré-grossissement est celle qui peut le mieux s’intégrer aux cycles et aux structures de production actuelles du bassin de Marennes-Oléron.
Impact sur les rendements : les rendements en fin d’élevage des huîtres triploïdes sur parcs atteignent les 45 kg
pour 1000 huîtres mises à l’eau alors qu’ils ne dépassent pas les 30 kg pour leurs témoins diploïdes. 
Lorsque l’on a recours à la filière pour le prégrossissement en 1ère année sur des cycles de production à 18 mois,
il franchit les 80 kg et approche les 50 kg pour les huîtres diploïdes.


  • Eviter les autres sources de stress :

    N’importe quel autre stress peut avoir un effet similaire.

    Recommandations :

    • Réviser le niveau des tables (70cm) quand le profil du fond se modifie avec le temps


    • Eviter les manipulations et tris de cheptels pendant la période à risque (eau > 19°C et reproduction importante)


    • Eviter les sites ayant des conditions hydrologiques stressantes par leur instabilité pendant la période à risque (lachers d’eau douce en été par exemple ou accumulation d’algues macrophytes en dégradation (problème d’oxygène)

 

Mis à jour le 13/03/06
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