Stress



Un cinquième facteur est nécessaire : le stress

Les quatre facteurs - température, reproduction, nutrition, pathogènes opportunistes - ne sont toujours pas suffisants car il existe des situations, où la mortalité n’est pas observée alors que la nourriture est abondante, la reproduction est avancée, la température critique est dépassée et des bactéries et virus sont probablement présents en petite quantité. Ces exceptions sont observées dans l'étang de Thau (sur cordes)) ou nurserie en raceways en béton à Bouin (Vendée).

Ces conditions sont caractérisées par des cultures qui ne subissent pas d'émersion et qui sont plutôt éloignées du sédiment.

Un autre facteur qui peut se résumer à des stress parait donc indispensable. Toutes sortes de stress sont envisageables. On en présentera deux à titre d'exemple, le stress de manipulation et le stress associé au sédiment qui sont clairement mis en évidence.

  • La manipulation des huîtres en période à risque

    Le simple déplacement des cheptels quand la température et la reproduction sont critiques, suffit à déclencher la mortalité. Ainsi le transfert des naissains supérieurs à 10 mm à une température de l’eau supérieure à 19°C depuis la nurserie de Bouin à Marennes déclenche la mortalité, même si les huîtres sont placées en raceways en béton. Ces résultats sont rapportés aussi par la profession quand des manipulations de cheptels ont lieu à ce moment là.

  • Un effet négatif du sédiment


    Ainsi en 2002 il a été montré que les huîtres, qu'elles soient de captage naturel ou d’écloserie (rouge et vert) meurent plus à 15 cm qu’à 70 cm, alors que les triploïdes ne meurent pas (bleu)


    En 2003, on peut observer à nouveau ce phénomène et on montre que si l’on transfère les poches du niveau éloigné du sédiment ( 70 cm ) au niveau proche du sédiment ( 15 cm ) à différentes dates, la mortalité se déclenche d’autant plus fortement que le temps passé à 15 cm est long.

    L'effet du sédiment est perceptible sur la physiologie des huîtres en suivant l’indice de condition des animaux pendant cette période. On constate en effet que celui ci baisse pendant 1 mois avant la mortalité. La baisse est d’autant plus forte pour les huîtres à 15 cm qui meurent le plus.


    Hypothèses :

    Le mécanisme qui expliquerait ces résultats est encore à démontrer. Plusieurs pistes sont possibles :

    La perturbation provoquée par le sédiment pourrait entraîner l'amaigrissement des huîtres et/ou provoquer des pontes partielles, ce qui favoriserait ensuite la pénétration des Vibrios. En outre, la modification chimique du sédiment pourrait aussi sélectionner les Vibrios et activer leurs facteurs de virulence.

 

La nourriture, la reproduction, la température, les pathogènes opportunistes ne suffisent pas forcément pour conduire aux mortalités.

Le stress est un cinquième facteur de risque qui constituerait encore une demande énergétique supplémentaire et conduirait à une perturbation du système de défense. Ceci pourrait être un élément déterminant dans le processus car il faciliterait alors la pénétration puis la transmission de pathogènes d'une huître à une autre.

 
Mis à jour le 22/11/05
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