De la fumée à l'horizon…

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Latitude : 13°N
Longitude : 44°56W


Point météo :
Ensoleillé, mer agitée
Température air : 25,1°
Température eau : 25,6°
Vent : 23 nœuds

Légende : Lumière tamisée dans le poste de contrôle du Victor 6000

 

Quelle belle surprise ce matin de pouvoir admirer, tout près de la coque du Pourquoi pas ?, quelques formes de couleur jaune vert ondulant à peine sous la surface… Des bancs de mahi-mahi, encore appelés daurades coryphènes, avaient du être attirés dans ce désert océanique, intrigués par l'imposant édifice flottant que représente le navire de 107 mètres de long. Leur présence par 13°N est normale, car ce poisson est un habitué des régions tropicales et subtropicales.
Mais cette attirance était, hélas pour les poissons, réciproque… Quatre beaux mahi-mahi, d'un bon mètre chacun, se sont fait piéger par des membres de l'équipage, qui leur ont fait visiter le pont arrière, puis la chambre froide...

Pendant ce temps-là, dans les laboratoires secs et humides du bateau, Joël broyait de la roche rapportée par la drague, pour une première analyse par fluorescence X. Mathilde et Sergey poursuivaient leur identification méticuleuse des roches, et Jean-Pierre analysait les gaz (méthane) des échantillons d'eau de la bathysonde.

Victor 6000 continue quant à lui ses pérégrinations à 50 mètres au-dessus du fond. L'objectif de la journée est de terminer le levé bathymétrique d'une aire de travail de 3,4 kilomètres de longueur, sur 800 mètres de large. Les quarts tournent à plein régime, et créent des décalages horaires pour une bonne partie des scientifiques. Mais ce sont aux changements de quart que les informations sur les événements marquants de la plongée sont transmises.

Où l'on apprend qu'à 5 heures, Victor 6000 a soudainement traversé un panache de fumée très dense. "Comme si on passait dans un énorme nuage", ont raconté de concert Marie-Anne, Eva et Hélène, de quart à cette heure matinale. Des crevettes hydrothermales et des organismes flasques, non encore identifiés, ont également traversé le champ de vision de la caméra principale du Victor 6000.

Il semble donc qu'il y ait de l'activité hydrothermale intense là-dessous, voire de la vie animale. Mais pour être sûr qu'il ne s'agisse pas d'hallucinations dues aux profondeurs, il faudra attendre demain pour une première exploration visuelle du site Ashadze… et découvrir peut-être une zone hydrothermale très active dans tous les sens du terme !

Pour les curieux, une nouvelle fiche scientifique a été mise en ligne. Elle est consacrée aux milieux extrêmes océaniques.

 

Portfolio

Joël nous explique le spectromètre de fluorescence X La daurade coryphène est un poisson des régions tropicales et subtropicales Dominique (en rouge) et Patrick (en bleu), au PC scientifique

 

Photos : © Ifremer / Serpentine 2007 / Daniel Desbruyères