Trois questions à…

Patrick

Chef de projet du Module de Mesures en Route (MMR)

- Le MMR, à quoi ça sert ? Pourquoi a-t-on construit un module comme celui-là ?

Sous le ROV Victor 6000, il est possible d'installer différents modules scientifiques. Depuis 10 ans qu'il existe, le module était spécialisé dans le prélèvement, avec des aspirateurs, des sondes, des pompes… Pour réaliser ce genre d'opérations, le ROV doit être à l'arrêt.
Les besoins scientifiques ont évolué depuis, notamment pour la bathymétrie. Il a donc fallu s'adapter, d'où l'idée du MMR. Avec ce module qui fonctionne en route, comme il se nomme !, on peut maintenant faire de l'imagerie acoustique (bathymétrie) et de l'optique.
On peut également y associer, suivant les missions, des capteurs annexes, des CTD, des préleveurs d'eau, des sondeurs de pêches…
J'ajouterai qu'un des avantages du MMR, c'est aussi de renvoyer en temps réel les données du fond, et ainsi de les traiter en direct à bord du navire, avec des logiciels spécifiques.

 

- Justement, le MMR est actuellement au fond…

Oui, il est à environ 4200 mètres de profondeur en ce moment. Il avait déjà été utilisé pendant les campagnes précédentes sur le Pourquoi pas ? (ndlr : Vicking et Momareto en 2006), mais c'est la première fois qu'il est en opération à une si grande profondeur. Et en plus, c'est une plongée longue de trois jours ! A ma connaissance, c'est une première dans le domaine civil à une telle profondeur.
On va faire un premier quadrillage à 50 mètres du fond, d'une zone qui fait environ 3,4 kilomètres sur 800 mètres. Cela va faire des fauchées, des largeurs en fait, de 150 mètres de large, avec une résolution bathymétrique d'une dizaine de centimètres. Quand on aura récupéré toutes les données du fond, on pourra réaliser à bord une carte 3D du fond…
Et puis, à la fin de la plongée, à moins de 10 mètres du fond, on va aussi utiliser la caméra longue portée OTUS, avec ses 4 gros flashs. On va ainsi réaliser une mosaïque d'images d'une zone préalablement définie, et qui devrait intéresser autant les géologues que les biologistes ou les chimistes !

 

- Qu'avez-vous comme diplôme ? Comment êtes-vous arrivé à être en charge du MMR à l'Ifremer ?

J'ai une maîtrise de Télécommunications. Pour devenir chef de projet, il faut aimer être un touche-à-tout. Ce qui est intéressant, c'est d'être en relation avec des spécialistes en mécanique, automatique, acoustique et informatique, et essayer de faire avancer tout le monde dans le même sens.