Les premières questions commencent à arriver sur le Net. Pour en faire profiter tous les internautes, nous allons mettre en ligne une foire aux questions pour satisfaire la curiosité de toutes et tous !

Si vous aussi, vous avez une question à poser aux scientifiques, à l'équipe Victor 6000, ou à l'équipage du Pourquoi pas ?, n'hésitez pas, écrivez au Mail Serpentine !

 

"Comment les animaux abyssaux résistent-ils à la pression ?"

Question du Papa de Justine

 

Réponse de Daniel (Ifremer, responsable du département "Étude des écosystèmes profonds")

La plupart des animaux profonds n'ont pas de volume gazeux et leurs liquides cellulaires sont en équipression avec le milieu (une boîte vide fermée serait écrasée par la pression, alors qu'une boîte remplie de liquide et ayant un petit trou ne le serait pas).
Ils ne souffrent donc pas des fortes pressions, d'autant qu'ils sont pour une grande part inféodés à une zone de profondeur à l'intérieur de laquelle les variations de pression sont faibles. De 4000 à 4100 mètres par exemple, on passe de 400 à 410 atmosphères, soit une variation faible de 2,5% que l'animal peut gérer par des processus biologiques adaptatifs. Certains poissons qui font des migrations verticales importantes, ont remplacé le gaz de leur vessie natatoire par des graisses. Cependant la pression a des effets beaucoup plus subtils qui concourent à une variation du métabolisme (ex : la respiration ou l'activité enzymatique, la fluidité des membranes biologiques…), et même à la structure de protéines importantes !
Les animaux abyssaux ont donc acquis au cours de l'évolution, des mécanismes biochimiques spécifiques pour contrer ou profiter des effets de la pression.

 


 

"Bonjour. C'est quoi, une section polie ?"

Question de Ronan, de Brest (Finistère)

 

Réponse de Philippe (Ifremer, département Géosciences marines) :

Après le prélèvement d'un échantillon de roche par dragage ou lors d'une plongée du ROV, on coupe avec une scie diamantée un fragment de la taille d'un sucre. On aplanit ensuite la surface à l'aide d'un disque à roder, et on le sèche à 80°C à l'étuve pendant une nuit.
Le morceau placé dans un petit moule de 40 mm de diamètre est inclus dans la résine et poli successivement à l'aide d'abrasifs de 6,3 et 1 µm. La section polie pourra être observée à bord sous le microscope, afin d'identifier les minéraux présents et de décrire la texture de la roche. Au retour au laboratoire, la section polie sera analysée à l'aide d'une microsonde électronique afin de déterminer la composition chimique des minéraux.
Cette préparation servira aux chercheurs, pétrologistes et géochimistes pour étudier les minéraux métalliques précipités par les sources hydrothermales.

Sections polies de cheminées hydrothermales du site Ashadze

© Ifremer / Serpentine 2007 / Daniel Desbruyères