Alliés pour mieux détecter la contamination

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Tous les 3 ans, les scientifiques prennent la mer pour aller mesurer la contamination chimique dans les eaux côtières françaises de Méditerranée depuis la frontière espagnole jusqu’à la frontière italienne en passant par la Corse

Tous les 3 ans, les scientifiques prennent la mer pour aller mesurer la contamination chimique dans les eaux côtières françaises de Méditerranée depuis la frontière espagnole jusqu’à la frontière italienne en passant par la Corse.

Un pied sur terre et l’autre en mer, l’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse et l’Ifremer font front commun pour mieux déceler les contaminants chimiques présents sur les côtes françaises de la Méditerranée et contribuer à faire barrage à la pollution. Retour sur une coopération pionnière qui fait de cette façade l’une des mieux surveillées d’Europe au titre des substances chimiques.

Surveiller la contamination chimique en mer est l’un des leviers essentiels pour agir de manière ciblée et efficace sur ses sources à terre. C’est la raison pour laquelle notre agence s’est rapprochée dès le début des années 1990 de l’Ifremer qui disposait déjà d’une expertise reconnue en matière de surveillance du littoral. Aujourd’hui, ce bilan de 20 ans de collaboration nous permet d’évaluer les effets de nos actions à terre pour enrayer la pollution et d’identifier les nouvelles substances chimiques sur lesquelles agir. Il esquisse aussi la surveillance de demain avec en perspective un objectif fort : considérer les impacts de cette contamination d’une espèce marine à l’autre le long de la chaine trophique.

Laurent Roy
Directeur général de l’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse

Pour répondre aux objectifs environnementaux des directives européennes cadre sur l’eau (DCE) et stratégie pour le milieu marin (DCSMM) et de la Convention de Barcelone », l’agence de l’eau a fondé sa politique Mer sur trois piliers : la lutte contre la pollution, la non-dégradation des habitats remarquables (herbiers de posidonie, coralligène…) et la restauration écologique. Les investissements de l’agence en matière de surveillance s’élèvent à 2,3 millions euros par an pour 40 dispositifs de surveillance, soit plus de 1500 informations annuelles sur la qualité des eaux côtières tous thèmes confondus (biologie, chimie, usages et aménagements littoraux).

Pont du Tethys II

Pont du Tethys II.

Pour répondre aux objectifs environnementaux des directives européennes cadre sur l’eau (DCE) et stratégie pour le milieu marin (DCSMM) et de la Convention de Barcelone », l’agence de l’eau a fondé sa politique Mer sur trois piliers : la lutte contre la pollution, la non-dégradation des habitats remarquables (herbiers de posidonie, coralligène…) et la restauration écologique. Les investissements de l’agence en matière de surveillance s’élèvent à 2,3 millions euros par an pour 40 dispositifs de surveillance, soit plus de 1500 informations annuelles sur la qualité des eaux côtières tous thèmes confondus (biologie, chimie, usages et aménagements littoraux).

L’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse est l’un des premiers acteurs de la gestion de la qualité de l’eau à terre à s’être intéressé au milieu marin, approuve François Houllier, PDG de l’Ifremer. C’est à la demande de l’agence que l’Ifremer a construit le réseau RINBIO pour évaluer plus finement la santé des eaux côtières de Méditerranée soumises à des pressions anthropiques croissantes. Un tel réseau maillant aussi finement une façade maritime n’existe nul par ailleurs. Aujourd’hui, si les voyants sont majoritairement au vert, des points de vigilance persistent et de nouvelles pollutions émergent. Nous maintenons donc notre cap commun pour préserver mieux encore la Méditerranée et l’élever au rang de mer exemplaire.

François Houllier, Président Directeur Général de l'Ifremer. Centre Ifremer de Brest, 2022.
François Houllier
PDG de l'Ifremer

« Une mer sous pression »

Seule mer entourée par trois continents et mère de civilisations qui ont marqué la mémoire de l’humanité, la Méditerranée comptabilise 28 % d’espèces marines endémiques ; elle rassemble 7,5 % de la faune et 18 % de la flore marine mondiale.  500 millions d’habitants vivent sur ses côtes, auxquels s’ajoutent les 360 millions de touristes qui foulent chaque année ses rivages ensoleillés, soit 31 % du tourisme mondial !